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Economie

Acheter sa glace en bitcoin à New York, c’est possible mais pas donné

«Vous payez en cash, en carte ou en monnaie virtuelle?» A New York, cette phrase relève encore de l’anecdote, une transaction en bitcoin au comptoir pouvant revenir cher. Mais pour les «geeks», la crypto-devise s’utilise aisément en ligne.

Chez Melt Bakery, une échoppe du sud de Manhattan, il ne se vend qu’un produit: de la glace entourée de deux cookies. Et ce petit plaisir peut se régler en bitcoin.

Pour garnir son portefeuille électronique de cette monnaie, nul besoin d’être un génie de l’informatique. Il suffit d’en acheter avec ses coordonnées bancaires sur des plateformes spécialisées ou directement avec des billets dans un distributeur automatique.

A la caisse de Melt, une application de téléphone et quelques manipulations suffisent pour que le virement d’un écran à l’autre se concrétise. Mais il doit être validé par des utilisateurs connectés au réseau, ce qui peut prendre quelques minutes et engendre des frais variables.

Résultat: le sandwich glacé au chocolat à cinq dollars revenait jeudi à 9,29 dollars en bitcoin.

Cartes cadeaux

Dans la métropole américaine, les commerçants endossant la monnaie virtuelle restent rares.

Un chiropracteur avait bien publié en 2014 un communiqué pour faire savoir qu’il acceptait la monnaie virtuelle mais sa secrétaire affirme n’en avoir jamais vu passer.

«C’est juste pour se faire de la pub», assène Nick Allen. «Le bitcoin ne sera jamais utilisé à grande échelle dans la vraie vie, les frais de transaction sont trop élevés et les patrons n’ont aucun moyen de vérifier les transactions enregistrées par leurs employés.»

Affalé dans un canapé du Bitcoin Center, un petit local niché dans le quartier de Soho, ce jeune homme de 24 ans est pourtant un adepte des crypto-monnaies: tout dollar qu’il gagne est immédiatement converti.

Ses achats, il les fait en ligne. Comme la dizaine de bouteilles de jus de légumes et de fruits tout juste livrées qui traîne à ses pieds.

Il se procure des cartes cadeaux sur une plateforme en ligne où, dit-il, les vendeurs «accordent plus de valeur au bitcoin».

En quelques clics, il obtient ainsi, pour l’équivalent de 36 dollars, de quoi se faire livrer pour 100 dollars de nourriture sur le site UberEats.

Il s’est en revanche trouvé bien embêté lors d’un récent séjour à Amsterdam où, sans carte de crédit et avec seulement 200 euros en liquide, il n’a déniché aucun endroit où «convertir» ses bitcoins.

Vol, console ou canapé

Des entreprises réputées considèrent aussi les devises virtuelles – le bitcoin est la plus connue mais il en existe des centaines d’autres – comme un moyen de paiement parmi d’autres. Il est ainsi possible d’acheter avec des crypto-devises un vol sur Expedia, une console XBox sur Microsoft ou un canapé sur Overstock.

Sur ce dernier site, ces paiements ne représentent encore que 0,25% des transactions mais «on croit vraiment que c’est une bonne chose pour nous», assure son président Jonathan Johnson: en plus d’offrir à ses clients une nouvelle façon de dépenser, cela «élimine les frais bancaires».

L’entreprise, qui au début convertissait immédiatement en dollar les bitcoins reçus, en conserve désormais la moitié. Pour rémunérer certains fournisseurs et pour profiter de l’envolée de sa valeur – de 1.000 dollars en début d’année à plus de 10.000 actuellement.

Les investisseurs représentent 25% des utilisateurs des distributeurs gérés par l’entreprise Coinsource, assure son directeur Sheffield Clark.

Matthew, un ex-financier passé à la tech qui a acquis ses premiers bitcoins en 2016, s’est ainsi rendu dans une petite épicerie d’Harlem pour récupérer une partie de ses profits. «C’est le moyen le plus facile et surtout le plus sûr», explique-t-il en attendant la confirmation de sa transaction. «Je ne fais pas vraiment confiance aux plateformes en ligne.»

Le reste des utilisateurs «se sert du bitcoin comme un moyen d’échange pour acheter des produits en ligne» et parmi eux «certains n’ont pas accès à des comptes PayPal ou au système bancaire traditionnel», assure Sheffield Clark.

Disséminées un peu partout dans la ville, ses machines sont sollicitées dix à 15 fois par jour. Le bitcoin reste pour lui «un instrument complémentaire de paiement» qui jamais ne remplacera le dollar.

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