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Technologie

Airbnb se défend d’être la seule à utiliser un mode de paiement controversé

La plateforme de location Airbnb a souligné vendredi que de «nombreuses entreprises dans le monde» proposent un paiement via des cartes Mastercard Payoneer, en réponse à des informations évoquant un moyen pour les hébergeurs d’échapper au fisc.

Sur son site, Airbnb propose pour certains pays le mode de versement Payoneer, permettant aux hôtes d’être directement payés via une carte spécifique émise par l’entreprise américaine du même nom, dont le siège européen est à Gibraltar.

Il est stipulé que les «frais habituels de 29,95 dollars» de ce service «ne s’appliquent pas aux clients Airbnb», mais que des suppléments lors des retraits en espèces par exemple, sont facturés.

Vendredi, franceinfo a affirmé que cette carte de crédit rechargeable était «émise depuis Gibraltar» et que cette méthode de versement «permettrait» depuis «trois ans» aux propriétaires «d’échapper aux radars de l’administration fiscale».

Dans une déclaration transmise à l’AFP, la plateforme souligne que «Payoneer n’est pas spécifiquement utilisé par Airbnb, mais propose des services de paiement similaires à de nombreuses entreprises dans le monde» comme Amazon, Alibaba, ou encore Abritel et CDiscount en France.

Airbnb tient également à préciser que les paiements «classiques» – soit directement effectués sur des comptes bancaires – représentent près de 90% des transactions en France.

«Nous rappelons à l’ensemble de nos hôtes de vérifier et respecter les réglementation locales, y compris les règles fiscales», souligne la plateforme, qui «envoie également un rappel fiscal aux hôtes chaque année pour qu’ils sachent exactement combien de revenus ils doivent déclarer à l’administration fiscale».

Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris chargé du logement et interrogé par franceinfo, a dénoncé le fait que «Airbnb incite ses hôtes à faire de l’évasion fiscale en localisant leurs revenus dans une banque située à Gibraltar».

Si Paris n’est pas en mesure de «construire une contre-attaque juridique sur le sujet, en revanche, je pense que Bercy gagnerait à regarder tout cela et à vérifier ce qu’il est possible d’entamer comme démarche, parce qu’on parle quand même de milliers et de milliers d’euros, sans doute beaucoup plus, qui échappent totalement au fisc français», selon M. Brossat.

Du côté des hôteliers, le Groupement national des indépendants (GNI) et l’association représentative des acteurs de l’hébergement et du tourisme professionnels (AhTop) dénoncent vendredi dans un communiqué «une nouvelle dérive» et appellent les pouvoirs publics à «une réaction extrêmement ferme et à la mesure de ces agissements».

Ils soulignent que «bien que légal», ce partenariat avec Payoneer «représente une possibilité avérée de fraude fiscale mise à disposition des loueurs, notamment au regard des difficultés rencontrées par l’administration française pour y obtenir des échanges d’informations bancaires».

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