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Economie

Airbus prévoit un doublement de la flotte d’avions d’ici 20 ans

Airbus prévoit un doublement de la flotte d’avions dans le monde d’ici 20 ans et a même revu à la hausse ses prévisions de ventes d’avions neufs d’ici 2036, malgré le ralentissement actuel des commandes, qu’il attribue à une nécessaire respiration d’un marché.

«La tendance est positive», a estimé devant des journalistes Fabrice Brégier, directeur général d’Airbus, mais «nous devons être réalistes, cette année le +book to bill+ (ratio entre les nouvelles commandes et les facturations) sera inférieur à 1».

Les commandes ont enregistré depuis quelques mois un net ralentissement mais cela ne signifie «pas du tout que le marché est en baisse», selon M. Brégier, qui souligne qu’il y a actuellement sur le marché une capacité de production supérieure à ce que «le marché peut absorber», notamment en ce qui concerne les gros porteurs.

Le carnet de commandes d’Airbus ressort à 6.705 appareils à fin mai, représentant quelques huit années de production.

Le constructeur européen a estimé le besoin de nouveaux avions à 35.000 appareils pour une valeur de marché de 5.300 milliards de dollars.

Cela représente une hausse de 6% par rapport à son estimation publiée il y a un an en nombre d’appareils, et de près de 2% en valeur, selon le Global market forecast (GMF) publié à une semaine du Salon aéronautique du Bourget, qui se tiendra du 19 au 25 juin près de Paris.

«La flotte mondiale d’avions de plus de 100 places devrait plus que doubler au cours des 20 prochaines années, à plus de 40.000 appareils, alors que le trafic aérien devrait croître de 4,4% par an», estime le géant de l’aéronautique dans son étude.

Ces perspectives optimistes reposent sur «l’augmentation des passagers volant pour la première fois, celle du revenu disponible consacré au voyage en avion, la croissance du tourisme, la libéralisation de l’industrie (du transport aérien), les nouvelles lignes aériennes et l’évolution des +business models+ des compagnies» avec, selon le directeur des ventes, John Leahy, la croissance continue des compagnies low-cost sur le moyen et le long-courrier.

La Chine, un concurrent dans 20 ans

Le constructeur mise notamment sur l’explosion des classes moyennes en Asie et en particulier en Chine, un pays qui «dans 20 ans sera probablement un des grands constructeurs» d’avions, selon M. Leahy.

Début mai, la Chine a fait voler pour la première fois un avion moyen-courrier dans l’espoir de concurrencer le duopole Airbus-Boeing et prévoit de se lancer dans les gros porteurs, en collaboration avec la Russie.

Dans ces perspectives d’explosion du trafic dans 20 ans avec des infrastructures aéroportuaires restreintes, le constructeur se veut optimiste quant à l’avenir de son géant des airs, l’A380, et a annoncé que sa capacité serait accrue de 80 sièges et portée à 575 passagers grâce à l’optimisation de l’espace.

«L’A380 est la solution à la croissance du trafic», a affirmé M. Leahy.

En attendant des jours meilleurs, le constructeur n’exlut toutefois pas de réduire la production à moins d’un exemplaire par mois.

En 2016, Airbus avait annoncé une réduction de la cadence de production de l’A380, produit à un exemplaire par mois à partir de 2018, contre 27 au total en 2015.

Un des défis de l’avionneur européen est également d’augmenter la cadence de production de l’A320neo, la version remotorisée (plus économe en carburant) de son moyen-courrier vedette, dont la motorisation Pratt et Whitney a connu des problèmes de maturité.

«Clairement, nous rencontrons des difficultés», a indiqué M. Brégier, qui s’est dit toutefois confiant de pouvoir atteindre l’objectif de livraisons de 200 appareils en 2017.

L’A320neo est proposé avec deux motorisations au choix, le GTF de Pratt and Whitney et le Leap de CFM International, la co-entreprise de Safran et General Electric.

«Notre objectif pour le deuxième semestre sera de travailler dur pour atteindre nos prévisions de livraisons cette année de plus de 700 avions commerciaux», a déclaré le PDG d’Airbus, Tom Enders, devant des journalistes, en saluant le travail des équipes qui «s’adaptent aux défis avec beaucoup de flexibilité».

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