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Politique

Aubry: Macron organise «la généralisation des emplois précaires»

Martine Aubry, maire (PS) de Lille, a estimé mercredi que le président Emmanuel Macron et son gouvernement avaient pris «un mauvais départ», les accusant notamment d’organiser «la généralisation des emplois précaires» à travers la révision du Code du travail.

«Aujourd’hui, on commence à voir un peu clair sur ce que j’appellerais un mauvais départ de la part du président de la République et de son gouvernement. D’ailleurs les Français les jugent sévèrement et je crois qu’ils ont raison», a déclaré sur France Inter l’ex-ministre du Travail puis des Affaires sociales.

Selon l’ex-numéro un du PS, «aucune des priorités de la France aujourd’hui (….) n’est traitée»: «L’emploi, quand on commence à supprimer les emplois aidés, le pouvoir d’achat, quand on baisse l’APL et qu’on taxe les retraités avec la CSG, la croissance (…), la préparation de l’avenir, l’université et la recherche».

Avec la réforme du Code du travail, «on reprend les vieilles recettes des années 80, du Medef». «Croire que c’est en précarisant les salariés, en les licenciant plus facilement, en contournant les syndicats, en accroissant le pouvoir unilatéral du chef d’entreprise, qu’on rendra les entreprises plus compétitives, c’est vraiment une vision du passé».

Martine Aubry s’est attaquée à la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui était sa conseillère formation lorsqu’elle était elle-même à la tête de ce ministère (1991-93): «Tout le monde peut changer. On dit que je l’ai formée, moi je la trouve bien déformée…»

«Quand elle dit +les contrats aidés ne servent à rien+, alors que nous avons ensemble créé les CEC (Contrats d’emploi consolidé, ndlr)… (…) C’est triste d’entendre quelqu’un dont je connais les convictions dire quelque chose qu’elle ne peut pas partager», a-t-elle encore asséné.

Pour Mme Aubry, «la réforme profonde» vue par Emmanuel Macron, «c’est la généralisation des emplois précaires». «On pourra se faire succéder les CDD autant de fois qu’on veut, sur les délais qu’on veut, on pourra licencier avec un motif économique absolument incontrôlable – ça améliore la compétitivité de l’entreprise -, on pourra délocaliser» puisque ne sera prise en compte que la situation d’un groupe «en France, et pas à l’étranger».

Martine Aubry a évoqué la contestation dans la rue de ces ordonnances, à savoir la manifestation à l’appel de la CGT le 12 et celle à l’appel de la France insoumise (LFI) le 23 septembre: «Je regrette profondément qu’il n’y ait pas d’unité syndicale. Le 12 je verrai si j’y vais, pas le 23».

En effet, «j’ai toujours considéré que le droit du travail était d’abord l’affaire des syndicats», a-t-elle expliqué.

«LFI est une contestation et pas la volonté d’aller gouverner», a-t-elle critiqué. «Et il y a surtout ne pas vouloir réunir la gauche, vouloir être les seuls». Mélenchon ? «Il a du talent, un certain charisme, mais moi je ne fais pas de la politique pour me mettre en avant», a lancé la maire de Lille.

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