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Economie

BNP Paribas augmente son bénéfice malgré un coup de mou sur les marchés

Le groupe bancaire français BNP Paribas a su tirer son épingle du jeu au troisième trimestre, parvenant à faire gonfler ses bénéfices malgré divers vents contraires sur les marchés et dans la banque de détail.

Entre juillet et septembre, le bénéfice net a bondi de 8,3% sur un an, à 2,04 milliards d’euros contre 1,89 milliard un an plus tôt, a-t-il annoncé mardi dans un communiqué, faisant ainsi légèrement mieux que ne l’escomptaient en moyenne les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset.

Sur la période, la banque de la rue d’Antin a notamment profité d’une plus-value de cession de l’ordre de 326 millions d’euros réalisée dans le cadre de l’introduction en Bourse d’une partie du capital de sa filiale d’assurance-vie en Inde, SBI Life.

Toiletté toutefois de l’ensemble des effets exceptionnels, le bénéfice net reste supérieur aux attentes, mais s’affiche en repli de 6,7% sur un an.

Il suit ainsi la même pente que le produit net bancaire, équivalent du chiffre d’affaires, qui ressort en baisse de 1,8% à 10,4 milliards d’euros en raison d’«effets de change défavorables», fait valoir le groupe, précisant que corrigées de ces effets les recettes sont stables.

Le bénéfice d’exploitation enregistre quant à lui un très léger recul, de 0,6%.

«Contexte peu favorable»

Au troisième trimestre, BNP Paribas affirme avoir été confronté à ‘«une conjoncture économique européenne plus porteuse, mais dans un contexte peu favorable pour les activités de marché».

Fragilisée par cette situation, la banque de financement et d’investissement a vu ses revenus fondre d’un peu plus de 8% sous l’effet entre autres d’un coup de mou sur les marchés obligataires, des matières premières et des changes.

De son côté, le pôle marchés domestiques, où sont regroupées les activités de banque de détail en zone euro, a fait montre d’une activité commerciale soutenue, mais a continué à souffrir de l’environnement de taux très bas qui complique la tâche de faire fructifier l’argent des déposants et incitent les emprunteurs à renégocier à la baisse leurs taux de crédit.

Conséquence, les recettes sont en baisse de 0,1% sur un an au sein de ce pôle.

Le groupe met en avant toutefois la progression du nombre de clients de sa banque en ligne Hello Bank!, notamment en France et en Italie.

Il insiste également sur la progression soutenue (+25% sur un an) des ouvertures de comptes au sein de sa filiale Compte Nickel, rachetée en cours de trimestre au moment où les acteurs traditionnels du secteur se mettent en ordre de bataille avant le lancement jeudi sur le marché d’Orange Bank, banque mobile du géant télécom français et rival potentiellement redoutable.

La hausse du chiffre d’affaires est en revanche au rendez-vous au sein des services financiers internationaux, qui rassemblent le crédit à la consommation, l’assurance ou encore la banque de détail hors zone euro. Hors effets de change, cette division a vu ses revenus grimper de 3,4%.

Baisse des coûts

Engagé dans un plan stratégique pour l’horizon 2020 et dans une vaste transformation vers un modèle davantage axé sur le numérique, BNP Paribas se félicite également d’une baisse globale de ses frais de gestion au troisième trimestre, «grâce aux effets des mesures d’économies».

Une meilleure sélection des emprunteurs et l’amélioration progressive de la conjoncture en Italie ont par ailleurs permis de réduire sensiblement le coût du risque, qui désigne notamment les fonds mis en réserve pour palier d’éventuels défauts de remboursement sur les crédits qu’elle a accordés.

Côté solvabilité, son ratio de fonds propres durs, indicateur clé au sein du secteur pour mesurer la solidité financière d’une banque, a légèrement progressé, de 11,7% à fin juin à 11,8% à fin septembre.

Sur les neuf premiers mois de l’année, BNP Paribas affiche un bénéfice net part du groupe en hausse de 1,2% par rapport à la même période en 2016, à 6,3 milliards d’euros. Le produit net bancaire encaissé depuis janvier s’effrite quant à lui de 0,4% sur un an, à 32,6 milliards.

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