//
Economie

BPCE met les gaz dans le numérique pour gonfler ses recettes d’ici 2020

Le groupe bancaire mutualiste BPCE a présenté mercredi les contours d’un nouveau plan stratégique pour l’horizon 2020 donnant la priorité au développement tous azimuts dans le numérique, qui doit lui permettre de gonfler ses recettes.

«La révolution digitale (numérique) est la grande affaire des banques pour les années à venir. (…) C’est une révolution industrielle au sens où elle transforme en profondeur les conditions de production et de distribution de nos offres», a martelé François Pérol, le président du directoire du groupe BPCE, lors d’une conférence de presse.

Dans ce contexte, «nous allons amplifier nos investissements, humains et technologiques, dans la transformation digitale du groupe», a ajouté le dirigeant.

En pratique, la banque entend ainsi mettre l’accent – entre autres – sur «des interfaces communes pour l’ensemble de ses marques», l’utilisation renforcée du nuage informatique (cloud) et le développement de l’intelligence artificielle. Elle promet d’investir «massivement» dans l’exploitation de données.

En interne, cette transition se concrétisera par exemple par l’accélération de la numérisation des processus en vue de permettre à ses équipes de vente de se concentrer sur le conseil aux clients.

BPCE suit ainsi le même chemin que d’autres banques traditionnelles, à l’image de BNP Paribas ou Société Générale, dont les nouveaux plans stratégiques dévoilés cette année ont eux aussi promis d’accélérer sur le numérique.

Profonds changements

En proie à de profonds changements, le secteur est secoué par l’explosion des opérations bancaires via la téléphonie mobile, de nouveaux comportements des clients de moins en moins enclins à se rendre en agence et l’arrivée d’une kyriade de nouveaux concurrents aux dents longues, tels le dernier venu Orange Bank, nouvelle banque mobile du groupe de télécoms Orange.

Ce bouleversement se conjugue à un contexte plus général exigeant pour le secteur bancaire, fragilisé par des taux très bas qui compliquent la tâche de faire fructifier les dépôts des clients et incitent les emprunteurs à renégocier à la baisse leurs taux de crédit.

Pour ne rien arranger, plusieurs évolutions réglementaires d’envergure, notamment sur la protection des données personnelles ou sur les obligations d’information de la clientèle, obligent les établissements concernés à de conséquentes dépenses de mise en conformité.

Dans ce contexte, «nous devons faire un plan offensif (…), nous allons amplifier nos investissements, humains et technologiques, dans la transformation digitale du groupe», a expliqué M. Pérol.

Hors numérique pur, la transformation du groupe, et notamment la modernisation des systèmes d’information, devrait laisser une ardoise de 790 millions d’euros sur trois ans.

En contrepartie, l’établissement bancaire compte dégager 750 millions d’euros de recettes supplémentaires via des synergies entre ses réseaux de détail Banque populaire ainsi que Caisse d’Epargne et sa filiale de financement et d’investissement Natixis.

Il mise par ailleurs sur un programme de réduction de coûts qui passe par la fermeture «d’un peu plus de 400 points de vente» et la suppression d’environ 4.000 postes sous forme principalement de non-remplacement de départs en retraite.

Renforcement dans l’assurance

Ce programme s’est déjà soldé par la suppression de «950 postes» depuis janvier, «c’est conforme à ce que nous nous étions dit en début d’année, il n’y a pas de raison particulière de changer cette orientation» à ce stade, a précisé M. Pérol.

Avec cette série de mesures, le groupe table sur un chiffre d’affaires «supérieur à 25 milliards d’euros» d’ici 2020, contre 23,7 milliards encaissés en 2016.

Dans le détail de ses métiers, la croissance doit être notamment tirée par les activités de financement et d’investissement, ainsi que par la gestion d’actifs ou encore l’assurance, où le groupe rêve de se hisser dans le top 5 français.

Aucun miracle n’est en revanche attendu du côté des activités de détail, frappées de plein fouet par les taux bas et où la progression des recettes devrait rester atone pendant encore de longs mois.

Malgré le tournant numérique du groupe, M. Pérol a pris soin de préciser que les banques de BPCE n’avaient pas vocation à devenir «100% digitales», par contraste avec sa récente acquisition, la banque mobile allemande Fidor qui doit être lancée en France début 2018.

Discussion

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *