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France

GM&S;: décision attendue sur une reprise, les salariés restent mobilisés

Liquidation sèche ou nouveau sursis pour étudier la reprise ? La justice se prononce lundi, peut-être pas pour la dernière fois, sur le sort de l’équipementier automobile creusois GM&S Industry en liquidation judiciaire, dont les 277 salariés restaient mobilisés, s’apprêtant à reconduire le blocage d’un site de Renault.

Le Tribunal de Commerce de Poitiers devait se prononcer vers 18H00 sur une offre de reprise de GM&S, mais, jusqu’à 14H00, les parties pouvaient transmettre à la juridiction des «notes en délibéré», documents en vue de la décision.

Une seule offre de reprise est sur la table: elle prévoit le maintien de seulement 120 des 277 emplois du site de La Souterraine, qui faisaient jusqu’à présent de GM&S le deuxième employeur privé de Creuse, sans oublier plusieurs centaines d’emplois indirects, estiment les élus locaux.

L’offre émane du groupe français d’emboutissage GMD, basé à Saint-Etienne (Loire) et dont le PDG, Alain Martineau, a rappelé la semaine dernière qu’elle ne serait pas finalisée sans une prolongation d’activité pour GM&S, en liquidation judiciaire depuis le 30 juin. Car GMD n’entendrait pas reprendre avant le 1er septembre.

Une poursuite d’activité jusqu’au 31 août, c’est ce qu’a plaidé à l’audience l’avocat des salariés, Me Jean-Louis Borie, d’autant que les salaires sont assurés jusqu’à fin août, l’Etat ayant apporté sa garantie, via la Banque publique d’investissement (BpiFrance). Selon l’avocat, le procureur à l’audience a lui aussi penché vers une poursuite. Aussi, pour Me Borie, le tribunal pourrait fixer une nouvelle audience pour examiner l’offre. A la condition toutefois que les «clauses suspensives» mises en avant par GMD soient levées.

Car le repreneur potentiel affirmait aussi la semaine dernière que ces «conditions suspensives» à son offre n’étaient pas levées, qu’elles restaient liées notamment à une solution foncière et immobilière plus favorable sur le site de La Souterraine, dont une SCI (Société civile immobilière) est propriétaire. Il demandait aussi «l’adhésion des salariés» au projet GMD.

Nouvelle action dès mardi

La Région Nouvelle-Aquitaine, qui s’est impliquée financièrement sur le dossier depuis des mois, a dit travailler avec l’Etat et les acteurs locaux pour aplanir cet aspect «foncier et immobilier» de la reprise.

Concernant l’investissement sur le site – une autre condition du repreneur – le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, est venu le 19 juillet à La Souterraine assurer le personnel de GM&S de 15 millions d’investissements également répartis entre l’Etat, Renault et PSA, les deux principaux passeurs de commandes à GM&S. Et cinq ans de commandes de PSA et Renault garanties à hauteur de 22 millions par an.

De source proche du dossier, on indique que les conditions suspensives de l’offre de reprise de GMD n’étaient pas effectivement levées lundi à la mi-journée mais que «tout le monde s’affaire à ce qu’elles le soient», la «situation étant en évolution constante».

«L »adhésion des salariés» au projet GMD est une autre affaire… Eux estiment que le repreneur peut améliorer son offre et que le maintien de 120 emplois, comme les 22 millions de commandes annuelles promis, préfigureraient la «mort à petit feu» du site, qui deviendrait un simple «atelier de frappe».

Aussi, convaincus qu’on «joue avec leurs nerfs» pour leur faire accepter finalement une reprise moins-disante en termes d’emplois ou d’indemnités, ils ne relâchent pas la pression «à la fois pour ceux qui partent», voués à être licenciés, et «pour ceux qui restent».

Lundi, en assemblée générale, ils ont ainsi décidé de reconduire, dès mardi, le blocage d’une plate-forme logistique de pièces détachées de Renault à Villeroy (Yonne), qu’ils avaient bloquée quatre jours la semaine dernière. Ils ont aussi demandé un «débat télévisé» avec l’Etat et les constructeurs automobiles.

A Matignon, où il a rencontré le Premier ministre et la ministre du Travail, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a dit avoir expliqué à Edouard Philippe que «le gouvernement ne tape pas assez fort sur la table» dans le dossier GM&S et que «Peugeot et Renault doivent remettre plus d’activité qu’ils n’en ont mis aujourd’hui». Il a aussi estimé que, «pour l’instant, on ne dit pas grand chose» au repreneur GMD qui, selon lui, «profite de la situation pour demander de l’argent public, pour avoir de l’activité, pour refaire l’usine».

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