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France

Grève carburants: retour à la normale très progressif des stations franciliennes

Le retour à la normale dans les stations-service à sec d’Ile-de-France sera très progressif, et pourrait prendre plusieurs jours, malgré la reprise jeudi du travail des chauffeurs de camions de carburants, qui étaient en grève depuis vendredi dernier à l’appel de la CGT.

La CGT-Transports a appelé à une levée du mouvement, après une réunion mercredi soir au ministère des Transports avec l’ensemble des syndicats, qui a abouti à un nouveau calendrier de discussions avec les employeurs du transport routier sur les conditions de travail et de salaires du secteur.

L’approvisionnement «reprend progressivement dans les stations touchées et devrait permettre un retour à la normale dans les prochains jours», a prévenu Bison Futé.

Même si «tous les dépôts de carburants d’Ile-de-France ont repris les chargements», «tout ne sera pas résolu ce soir (jeudi) ni même demain» (vendredi), confirme une porte-parole de l’Union française de l’industrie pétrolière (Ufip), dont 217 stations du réseau francilien (550 stations) étaient «en rupture complète» en fin de journée, la situation étant restée «quasi normale» ailleurs.

L’application mon-essence.fr, élaborée à partir d’informations remontées par ses abonnés, recensait jeudi après-midi toujours plus de 900 stations touchées en France, dont environ 550 en rupture totale, surtout en région parisienne. Il y a 11.000 stations dans l’Hexagone, dont 1.000 en Ile-de-France.

S’agissant des stations Total, 82 stations franciliennes étaient en rupture en fin de journée (contre 99 à 10H00), a précisé le groupe pétrolier, ajoutant que «le nombre de livraisons de carburant a pu être multiplié par deux par rapport à hier».

En parallèle, un arrêté de la préfecture de Police, pris jeudi, va assouplir la circulation des camions transportant des produits pétroliers dont le poids est supérieur à 7,5 tonnes, entre vendredi et mardi prochain, afin de faciliter le réapprovisionnement des stations-service.

Sur la route, les chauffeurs en grève ont repris le volant et il n’y a pas eu jeudi de «barrages filtrants» sur les routes d’accès à la dizaine de dépôts franciliens, selon la CGT-Transports.

Au port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), les grévistes ont décidé la reprise pour «favoriser les négociations bien engagées» mais ont prévenu qu’ils suivront attentivement les discussions, «déterminés à obtenir l’intégralité de (leurs) revendications».

Des rendez-vous en juin

La CGT est à l’initiative du mouvement lancé en plein week-end de l’Ascension pour réclamer la reconnaissance de la «spécificité» du transports de matières dangereuses (carburants, gaz, produits chimiques…) dans la convention collective des transports routiers.

Elle revendiquait notamment une durée journalière de travail maximale de 10 heures, un suivi médical semestriel spécifique, un taux horaire minimal de 14 euros de l’heure et un treizième mois.

Au cours de la réunion au ministère, il a été décidé d’une part d’une table ronde le 16 juin sur la sécurité et la santé, comme l’avaient proposé les quatre autres syndicats (CFDT, CFTC, FO et CFE-CGC), afin de réviser notamment le contrat type de transport de matières dangereuses, inchangé depuis 2007.

Cela «devrait permettre de répondre en grande partie aux revendications des salariés sur de meilleures conditions de travail et surtout assurer que les entreprises ne puissent pas déroger à un certain nombre de dispositifs», a estimé le porte-parole de la CGT Jérôme Vérité.

D’autre part, le début des discussions sur les classifications des métiers et les grilles de salaires pour l’ensemble du transport routier a été avancé d’une vingtaine de jours, au 19 juin.

Cette première réunion permettra d’établir «le calendrier, mais on commencera vraiment le 10 juillet et les discussions s’étaleront dans le temps car cela concerne 700.000 salariés», explique à l’AFP Thierry Douine, représentant de la CFTC.

Pour Patrick Blaise (CFDT), «la proposition de table-ronde a permis de débloquer la situation» alors que les fédérations patronales, FNTR et TLF notamment, n’entendaient pas entamer les discussions sous la pression de la CGT.

Les autres syndicats ne s’étaient pas associés à l’appel de la CGT ne souhaitant pas morceler la convention collective, une situation qui aboutirait, selon eux, à des situations inégalitaires dans la branche.

Dans un communiqué jeudi, FO-Transports affirme être «bien évidemment d’accord» avec les revendications de la CGT, «mais pour l’ensemble des routiers».

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