//
Economie

Irma: une catastrophe économique pour des zones vivant surtout du tourisme

Les dégâts causés par l’ouragan Irma représentent une catastrophe économique pour les îles des Caraïbes les plus touchées qui vont être boudées par les touristes, selon des professionnels français du secteur interrogés jeudi par l’AFP.

Alors que les bilans humain et matériel ne sont pas encore déterminés, il apparaît déjà que le cyclone de catégorie 5 a laissé derrière lui des paysages dévastés notamment sur les destinations touristiques de Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

«Ça fait 30 ans que je fais ce métier, nous avons connu d’autres procédures cyclones avec quelques arbres cassés, mais jamais on a eu ce niveau de dégâts», a indiqué à l’AFP Gilbert Cisneros, président du voyagiste Exotismes, spécialiste des destinations tropicales.

Il a souligné avoir «très peu d’informations en provenance de Saint-Barthélemy ou Saint-Martin, mais une chose est certaine, il y a de gros dégâts». Il a donné l’exemple d’un hôtel à Saint-Martin, «Le Beach», dans lequel «la mer est littéralement entrée à l’intérieur» du bâtiment.

Ce tour-opérateur a souligné que ses «quelques dizaines de clients» sur place avaient été rapatriés avant l’arrivée de l’ouragan, en rappelant que c’est actuellement la basse saison pour le tourisme dans la région.

«Pour ces îles, ça va être une catastrophe, elles vivent essentiellement du tourisme», a estimé auprès de l’AFP Didier Arino, directeur du cabinet d’études Protourisme. Or, la première réaction du vacancier, c’est +on change de destination+». C’est d’autant plus vrai que les touristes qui fréquentent ces endroits sont souvent «des gens riches qui ont largement la possibilité d’aller ailleurs».

«double peine»

Pour Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du monde, les zones sinistrées vont subir une «double peine». Non seulement il va falloir réparer les dégâts, mais en plus «les gens vont éviter ces destinations parce que ça va leur faire peur» au moment où justement ces territoires auraient le plus besoin de recettes touristiques.

«Chaque fois que vous avez une catastrophe naturelle à un endroit, vous avez une double peine (…) Quelqu’un qui a la possibilité de choisir entre 30 destinations, il ne va pas aller dans celle où il pense que tout est dévasté», a expliqué M. Rial.

«C’est un vrai cauchemar pour ces deux îles (Saint-Barthélemy et Saint-Martin) qui sont l’emblème du tourisme en Outre-mer», a confirmé Roland Héguy, président de la Confédération des acteurs du tourisme, réunissant quatorze organisations professionnelles et associations du secteur.

«On peut imaginer qu’il faudra des mois avant que la vie ne reprenne vraiment mais il est certain que l’ensemble de la profession fera le maximum pour que dans trois ou quatre mois, ces deux îles puissent de nouveau accueillir les touristes», a-t-il dit.

Saint-Martin a accueilli 2,5 millions de visiteurs en 2014, selon l’Insee, essentiellement des croisiéristes américains qui fréquentent la partie néerlandaise de l’île.

Saint-Barthélemy, repaire de riches célébrités comme Johnny Hallyday, Steven Spielberg ou Beyoncé, vit du tourisme de luxe et a accueilli 334.000 visiteurs en 2013, selon le Comité territorial du tourisme.

Discussion

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *