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France

L’arrivée du nouveau Vélib’ à Paris tourne au «cauchemar»

Des stations désespérément vides, des vélos indécrochables, une application qui bugue, un service clients à la peine sans compter les tarifs en hausse : l’arrivée très attendue du nouveau Vélib’ à Paris tourne au «cauchemar» des cyclistes, selon des mécontents rejoints par la Ville de Paris.

«Il est clair que nous ne sommes pas du tout satisfaits de la prestation du nouveau prestataire», explique à l’AFP Christophe Najdovski, adjoint EELV aux Transports de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, en évoquant la possibilité de «pénalités».

«Nous demandons à Smovengo (le nouvel opérateur) de redresser immédiatement la barre et de rattraper le temps perdu pour être dans les clous comme prévu d’ici le printemps», prévient l’élu.

Lancé en fanfare le 25 octobre par Anne Hidalgo, le nouveau Vélib vert ou bleu pour sa version électrique, devait être déployé dans 600 stations au 1er janvier, soit 50% de celles délaissées par l’ancien opérateur JCDecaux, et totalement déployé fin mars dans et autour de Paris.

L’objectif avait ensuite été ramené à 300 stations.

Mais mardi, l’application de Velib’ Metropole n’annonçait que 64 stations opérationnelles, le même nombre qu’il y a une semaine.

Pourtant, l’opérateur Smovengo, interrogé par l’AFP, assurait alors d’un déploiement de 80 stations par semaine.

Pour expliquer les retards au démarrage, ce consortium franco-espagnol dirigé par Smoove, une PME de Montpellier associé à Mobivia (Norauto, Midas), l’espagnol Moventia et les parkings Indigo, avait évoqué des opérations électriques plus complexes que prévu et un délai raccourci de six semaines par une action en justice de JCDecaux.

Un ‘accident industriel’

Depuis, la grogne ne cesse de monter chez les usagers de ce système de vélo-partage créé en 2007 à Paris, qui faisait la fierté de la capitale avec ses 300.000 abonnés dix ans après son lancement.

Pour Paris en Selle, «le nouveau Velib’ est un cauchemar pour les usagers», a dénoncé devant la presse mardi cette association de cyclistes. La transition entre les deux opérateurs a été un «chaos total, un accident industriel», s’emporte son président, Charles Manguin.

Et d’énumérer «l’appli inutilisable, le service client injoignable, la tarification en hausse», en réclamant trois mois de gratuité.

Mardi sur Twitter, comme chaque jour, des clients mécontents racontaient leurs déboires : «Sympa l’application qui bugue ! Le plan qui marche pas ! Les bornes en travaux ! En gros je paye depuis 3 mois un service que je ne peux pas utiliser !», écrit une graphiste.

«Premier retour mitigé», pour une Parisienne, «Je n’ai jamais réussi à ouvrir le cadenas malgré de multiples essais ! Je m’en suis donc remise à mes pieds». Pour Anne, «impossible de décrocher un Vélib aux stations n°9013 et n°2013».

Une pétition a été lancée sur Change.org — signée de quelque 600 personnes mardi soir — pour réclamer une «compensation adéquate» et une «communication réelle et réaliste» sur les stations en état de fonctionner.

Dans une lettre ouverte au syndicat Velib’ Autolib’ Métropole, le groupe écologiste au Conseil de Paris, défenseur du vélo et «inquiet de l’interruption partielle du service», demande lui la gratuité du premier trimestre.

Il souhaite aussi que le syndicat «rende compte des conditions» de transmission de la délégation de service public entre les deux délégataires. «S’il est constaté des manquements à leurs obligations contractuelles, il faudra alors exiger des dédommagements», poursuit la lettre.

Fin décembre, face au mécontentement des abonnés devant les stations démantelées, le syndicat regroupant élus parisiens et métropolitains avait annoncé des compensations (trois heures gratuites et des ristournes de prix), critiquées comme insuffisantes et qui pourraient être amplifiées face à la grogne.

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