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Le marché du travail aux Etats-Unis devrait rester vigoureux en août

Le marché du travail devrait continuer de montrer des signes de vigueur en août aux Etats-Unis, ce qui pourrait conforter la volonté de la Réserve fédérale (Fed) de réaliser une troisième hausse de taux cette année malgré une inflation faible.

Le gouvernement publie vendredi à 12H30 GMT les chiffres officiels de l’emploi pour le mois d’août, des données traditionnellement très attendues par les marchés financiers.

Les analystes tablent sur 183.000 nouvelles embauches pour le mois sous revue contre 209.000 en juillet. Ils estiment en outre que le taux de chômage devrait se maintenir à 4,3%, son plus bas niveau depuis 16 ans.

Il est admis, vu la croissance de la population en âge de travailler, qu’il faut environ 100.000 nouvelles embauches nettes mensuelles pour que le taux de chômage n’augmente pas.

L’économie américaine profite d’une certaine embellie ces derniers mois. Ainsi au deuxième trimestre, l’activité économique a accéléré avec une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 3,0% après un premier trimestre hivernal morose (+1,2%), selon des chiffres du ministère de Commerce publiés mercredi.

La société de services informatiques ADP a indiqué de son côté que les créations d’emplois dans le secteur privé ont bondi en août à 237.000 après 201.000 en juillet.

Selon le degré de dynamisme des chiffres du marché du travail qui seront dévoilés vendredi, les acteurs financiers devraient avoir une meilleure idée de la voie que pourrait suivre le Comité monétaire de la Fed qui prévoit une troisième hausse des taux mais qui semble divisé sur son calendrier.

Hausse modeste des salaires

Si on observe une accélération des rémunérations, cela confortera la majorité des membres du Comité qui pensent que la mollesse de l’inflation n’est que passagère et qu’une hausse des taux d’ici la fin de l’année est nécessaire.

Au contraire, si les créations d’emplois sont décevantes et les rémunérations stagnantes, cela mettra en avant les hésitations qui agitent la Fed.

S’agissant du salaire horaire moyen, les analystes s’attendent à une hausse de 0,2% en août après 0,3% le mois précédent. Sur l’année, la hausse devrait rester modeste comme en juillet où à 2,5%, elle se situait à peine au-dessus de l’inflation.

Lors de sa réunion les 25 et 26 juillet, le comité de la banque centrale américaine (FOMC) avait laissé ses taux inchangés dans une fourchette de 1% à 1,25%. Il avait en outre laissé entendre qu’il n’y avait pas urgence à remonter ses taux au vu de la faiblesse de l’inflation.

L’inflation était de 1,4% en juin, selon l’indice des prix basé sur les dépenses de consommation ou indice PCE, mesure préférée de la FED. L’estimation de juillet doit être publiée jeudi.

L’objectif actuel d’inflation fixé par la Fed est de 2%. Celle-ci estime qu’au-dessus de ce taux, elle serait obligée de remonter ses taux plus agressivement.

Si fin juillet, le Comité ne se montrait pas pressé de remonter ses taux, il avait en revanche fait savoir que la réduction de son bilan pourrait commencer «relativement bientôt».

Il s’agit, en cessant de réinvestir dans les titres arrivant à maturité, de diminuer le volume massif de bons du Trésor et de titres obligataires que la Fed a amassés après la récession de 2009 pour doper la reprise, soit 4.500 milliards de dollars. Cela revient à resserrer les conditions du crédit en réduisant les liquidités sur le marché.

Côté marché, les courtiers de Wall Street, qui ont largement profité ces dernières années des taux bas de la Fed, espèrent pouvoir en bénéficier le plus longtemps possible.

Une remontée des taux d’intérêt serait en revanche une bonne nouvelle pour les banques.

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