//
France

L’EI bientôt vaincu mais la menace jihadiste demeure, selon Macron

Le président français Emmanuel Macron a estimé jeudi que la victoire militaire contre le groupe Etat islamique (EI) serait totale dans «les prochains mois» en Irak et en Syrie mais qu’elle ne serait pas suffisante pour venir à bout de la menace jihadiste.

«Nous avons gagné à Raqa et les prochaines semaines et les prochains mois nous permettront, je le crois profondément, de gagner complètement sur le plan militaire dans la zone irako-syrienne», a déclaré M. Macron en s’adressant aux troupes françaises basées à Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis.

«Mais il n’en sera pas terminé pour autant de ce combat. La stabilisation dans la durée, la lutte contre les groupes terroristes seront d’indispensables compléments à la solution politique inclusive, plurielle, que nous voulons voir émerger dans la région», a-t-il ajouté lors de cette intervention sur une base navale.

Le président français en a profité pour saluer «la coopération opérationnelle de très haut niveau» avec les Emirats qui participent depuis 2014 à la coalition internationale anti-EI.

Abou Dhabi mène aussi une politique de «tolérance zéro» sur son territoire à l’égard des islamistes.

M. Macron est depuis mercredi dans cette monarchie pétrolière du Golfe où il a inauguré le Louvre Abu Dhabi, premier musée universel dans le monde arabe projeté par le chef de l’Etat français comme un rempart «contre tous les obscurantismes» et un pont entre les différentes civilisations et religions.

Il s’agit de sa première visite au Moyen-Orient depuis son élection.

La France dispose à Abou Dhabi de sa seule implantation militaire permanente à l’étranger hors de l’Afrique, à quelque 6.000 km de la métropole. Cette base et les nombreuses opérations de coopération militaire menées depuis Abou Dhabi font des Emirats «un partenaire stratégique clé» de la France au Moyen-Orient, une alliance scellée après la guerre du Golfe (1990-1991).

‘Deuxième porte-avions’

Les Forces françaises aux Emirats arabes unis (FFEAU) comprennent environ 700 hommes de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air. Ils sont répartis sur trois implantations distinctes: la base navale, la base aérienne d’Al-Dhafra, d’où partent des avions Rafale bombardant les positions de l’EI en Irak et en Syrie et une base de l’armée de terre.

Cette implantation permet à la France de «disposer de forces prépositionnées aptes à être déployées sur un très court préavis» et d’«une plateforme opérationnelle et de soutien logistique permettant une projection rapide en cas de crise», explique l’armée.

C’est pour cela que cette implantation est parfois comparée au «deuxième porte-avions» que la France n’a plus, lui permettant d’être présente dans la zone stratégique du Golfe et du nord de l’océan Indien, par où transite une part importante du commerce mondial.

M. Macron est monté à bord de la frégate antiaérienne Jean-Bart, en escale à Abou Dhabi après être partie en août de Toulon, son port d’attache.

Avec 190 marins à bord, elle a participé à des missions de lutte contre les trafics et le terrorisme dans l’océan Indien et le Golfe, selon l’armée.

Au second jour de sa visite aux Emirats, M. Macron a visité La Sorbonne d’Abou Dhabi, l’implantation locale de la célèbre université parisienne, où des centaines d’étudiants l’ont accueilli chaleureusement.

Il devait ensuite rejoindre Dubaï pour clôturer un forum économique avant de s’adresser à la communauté française. Quelque 30.000 Français vivent aux Emirats.

Accompagné de son épouse Brigitte, le président français avait inauguré mercredi soir le Louvre Abu Dhabi en compagnie de plusieurs dirigeants du monde arabo-musulman.

Evoquant l’emplacement du musée, il avait souligné que les Emirats étaient «l’épicentre de ce monde dont la globalisation s’accélère». «Vous êtes le point névralgique où se rencontrent le monde occidental et le monde oriental», avait-il dit.

Lors d’un diner offert par l’homme fort des Emirats, Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, les deux hommes ont discuté des «défis communs tels que la sécurité internationale, la lutte contre la prolifération et la prévention du terrorisme», a indiqué l’Elysée.

Discussion

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *