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Masters: Dimitrov, la confirmation au plus haut niveau

Le Bulgare Grigor Dimitrov a remporté dimanche le titre le plus prestigieux de sa carrière au Masters de Londres à l’issue d’une semaine où il s’est montré impérial, une performance qui va le propulser à la 3e place mondiale, son meilleur classement.

A 26 ans, Dimitrov, qui a battu en finale le Belge David Goffin (7-5, 4-6, 6-3) au terme d’un match haletant, termine ainsi le tournoi londonien invaincu. Une confirmation pour un joueur souvent considéré comme un espoir du tennis mondial, mais qui a tardé à honorer les attentes placées en lui.

Goffin et Dimitrov s’étaient déjà affrontés plus tôt cette semaine, en phase de groupe. Le Bulgare l’avait emporté 6-0, 6-2, ne laissant aucune chance à son adversaire.

Mais dimanche en finale, le Belge a proposé une opposition d’un tout autre niveau, pour ne céder que dans la troisième manche, non sans avoir eu, lui aussi, des occasions de prendre les devants dans le dernier set.

«J’ai passé deux semaines phénoménales», a déclaré le vainqueur après son match. «C’est un honneur de jouer ici. Je félicite David Goffin, je pense que c’est un des joueurs qui a le plus progressé ces derniers mois».

Dimitrov avait pourtant mal commencé la partie, étant breaké d’entrée. Mais face à un adversaire, certes très agressif mais trop imprécis, c’est lui qui remportait la première manche.

Le jeu s’équilibrait ensuite, Goffin ratant moins et saisissant ses occasions. Il égalisait à un set partout, mais ne parvenait pas à maintenir la cadence. De nouveau irrégulier dans l’ultime manche, commettant trop de fautes directes, il laissait son adversaire se détacher et remporter la partie, non sans avoir sauvé quatre balles de match.

Pour le natif d’Haskovo, en Bulgarie, il s’agit du titre le plus prestigieux de sa carrière. Il vient compléter une collection de sept trophées, dont celui de Cincinnati, un Masters 1000, la catégorie juste en-dessous des Grands Chelems, remporté en août.

Né en 1991 d’un père entraîneur de tennis et d’une mère professeure de sport, Grigor Dimitrov a fait ses premiers pas raquette en main dès l’âge de trois ans. Passé par l’académie de l’entraineur Patrick Mouratoglou, le jeune Bulgare s’est d’abord fait remarquer en 2008, en devenant numéro un mondial chez les juniors après ses victoires à Wimbledon et l’US Open.

‘Baby Federer’

Dès 2009, seulement classé 478e joueur mondial, il signe une victoire de prestige contre Thomas Berdych, membre du Top 30, pour ses débuts sur le circuit ATP. Le Suédois Peter Lundgren, l’entraîneur de Roger Federer au début de sa carrière professionnelle, comparait alors le joueur Bulgare à l’icône suisse.

«Grigor a tous les coups. Il a le service, le slice, le lift, tout», avait-il déclaré au quotidien britannique The Guardian en 2009. «Il a juste besoin de se renforcer musculairement. Il a la flamme, la rage de vaincre».

Le Bulgare sera d’ailleurs longtemps surnommé «Baby Federer», pour sa gestuelle proche du maestro, notamment son revers à une main. Mais cette comparaison a pesé lourd sur les épaules de Dimitrov, qui a tardé à percer au plus haut niveau.

Il faudra attendre 2013 pour le voir enfin confirmer les attentes placées en lui: il remporte cette année-là son premier titre à Stockholm, et domine le numéro 1 mondial, Novak Djokovic, au tournoi de Madrid.

En 2014, il remporte trois titres, dont celui du Queen’s, démontrant son appétence pour le gazon. Il signe également son meilleur résultats en Grand Chelem, en atteignant les demi-finales à Wimbledon, en dominant au passage le Britannique Andy Murray. Ses performances lui permettent d’atteindre pour la première fois le Top 10 mondial: il est 8e au classement ATP en août.

Mais alors qu’il semblait avoir tous les atouts pour s’installer durablement au sommet, Dimitrov a ensuite signé deux saisons moyennes, sans glaner un seul titre: il retombe à la 40e place mondiale en juillet 2016.

C’est à ce moment qu’il a décidé de prendre pour entraîneur le Vénézuélien Daniel Vallverdu, l’ancien coach d’Andy Murray et de Tomas Berdych. Une décision qui lui a permis de vivre l’année 2017 comme une renaissance, avec quatre titres, et la place de numéro 3 mondial atteinte à l’issue de sa victoire au Masters.

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