//
France

Réforme du Code du travail: Macron face à l’épreuve de la rue et des grèves

Plusieurs milliers de manifestants étaient dans la rue à la mi-journée mardi contre la réforme du Code du travail, une première mobilisation sociale du quinquennat pour un président déterminé à mener à bien cette promesse de campagne.

Au moment où Emmanuel Macron a atterri à Point-à-Pitre, avant de se rendre à Saint-Martin et Saint Barthélemy, les manifestants ont commencé à s’élancer dans plusieurs villes en fin de matinée, notamment à Nice, où selon la CGT, il s’agit d’une «grosse mobilisation» comme la ville n’en a pas connu depuis 2006 et la contestation du contrat première embauche.

Plusieurs milliers de personnes défilaient à Marseille, dont le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui a promis de «faire reculer» le président de la République. «Ce pays ne veut pas du monde libéral», a-t-il lancé.

A Caen, la police faisait état de près de 3.000 participants. Les manifestants scandaient «Macron t’es foutu, les feignants sont dans la rue», allusion aux propos tenus par le président de la République qui a promis vendredi, de ne céder «ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes».

A Saint-Nazaire, le nombre de manifestants était compris entre 3.000 et 4.000 selon les sources, une mobilisation plus importante que lors du premier rassemblement contre la loi travail au printemps 2016, selon la CGT.

«Ce n’est pas une loi du travail, c’est une loi qui donne les pleins pouvoirs aux employeurs», a critiqué Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Il a dit attendre «du monde» avec près de 200 manifestations et 4.000 appels à la grève dans toute la France.

A Paris, l’ancien candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon, Olivier Besancenot (NPA) ou encore Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, étaient annoncés dans le cortège, qui devait s’élancer à 14H00 de Bastille vers place d’Italie.

Plafonnement des indemnités prud’homales, fusion des instances représentatives du personnel dans les entreprises, réforme du compte pénibilité, place accrue à l’accord d’entreprise…: ce projet reprend plusieurs promesses de campagne du président Macron, comme l’a rappelé mardi le président du Medef, Pierre Gattaz: «les gens ont voté pour que ça change».

Si pour le patronat, le projet va «déverrouiller la peur d’embaucher», les syndicats y voient un texte «libéral» dans le prolongement de la très décriée loi travail.

Mais le front syndical est désuni. FO ne s’associe pas à la fronde de la CGT, la FSU, Solidaires et l’Unef, contrairement à la loi travail en 2016, mais une partie de ses militants ont décidé de défiler. Tout comme certaines sections CFDT, CFE-CGC, CFTC ou Unsa.

«La CFDT sait organiser des manifestations (…) mais on n’a pas besoin de faire une démonstration de faiblesse», a expliqué son secrétaire général Laurent Berger, qui préfère agir pour «faire évoluer les décrets».

‘Nous tiendrons’

L’enjeu est important pour Emmanuel Macron, qui espère que cette réforme va faire «gagner la bataille du chômage de masse». D’autant que l’exécutif envisage d’autres grandes réformes sociales dans les mois à venir: assurance chômage, apprentissage, formation professionnelle et retraites.

«Nous tiendrons», a lancé le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, quand Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a relevé que «le débat social ne se mesure pas seulement à la rue et à la manifestation». La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a refusé de s’avancer sur les conséquences de la mobilisation, jugeant que «ce n’est pas le sujet».

La séquence est toutefois délicate pour le président, –en visite mardi aux Antilles après le passage de l’ouragan Irma–, qui est en chute dans les sondages, rappellent les politologues.

La CGT a déjà appelé à une autre mobilisation, le 21 septembre, à la veille de la présentation du projet en Conseil des ministres et deux jours avant celle de La France Insoumise.

Alors que des violences avaient parasité les manifestations contre la loi travail, M. Castaner a dit craindre des «débordements».

La journée était aussi marquée par des mouvements de grève, avec des perturbations dans les transports de plusieurs villes, notamment Nice, où aucun bus et aucun tram ne circulait, ou en Ile-de-France. Des camions de forains provoquaient également des embouteillages dans plusieurs villes.

Plusieurs lycées de Paris et de sa banlieue ont été partiellement ou momentanément bloqués par des élèves, mais sans violence, et la grève était peu suivie par les enseignants, avec un taux moyen pondéré de 3,02%, selon le ministère.

Discussion

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *