//
Economie

SFR cède des magazines avant de tenter de relancer Libé et L’Express

SFR a lancé mercredi une grande restructuration de ses activités de presse écrite: l’opérateur va vendre une douzaine de magazines thématiques pour se recentrer sur Libération et L’Express, dont il espère faire décoller les ventes numériques grâce à de nouvelles offres en préparation.

Dans le détail, le groupe veut céder à Valeurs Actuelles le mensuel dédié aux épargnants Mieux vivre votre argent et l’hebdomadaire La Lettre de la Bourse.

Si les négociations aboutissent, la Lettre de l’Expansion tombera dans l’escarcelle du Figaro, qui détenait déjà le site Wansquare, sur le même créneau des infos économiques confidentielles.

Les mensuels de décoration Côté Ouest, Côté Est, Côté Sud et Côté Paris seraient quant à eux repris par François Dieulesaint, un haut cadre de L’Express.

Plusieurs titres culturels sont aussi concernés : Studio Ciné Live rejoindrait Première Médias (Première, Le Film Français) et un éditeur indépendant reprendrait Lire, Classica et Pianiste. Enfin, Job Rencontres et le Salon du travail seraient confiés à l’homme d’affaires Marc Laufer, à qui Altice et SFR avaient déjà revendu l’an dernier le magazine L’Etudiant et l’éditeur de presse professionnelle NewsCo.

«Nous souhaitons nous recentrer sur l’actualité générale et politique», à travers les titres phares que sont Libération et L’Express, et une poignée de magazines (Point de Vue, 01Net, My Cuisine, A nous Paris) que SFR conservera après cette opération, a expliqué Alain Weill, directeur général des activités médias de l’opérateur, à des journalistes.

Libé toujours en version papier

Ce grand tri dans les activités de presse écrite de SFR, filiale du groupe Altice de Patrick Drahi, également très présent dans l’audiovisuel (BFMTV, RMC, SFR Sport…), préfigure une nouvelle stratégie pour faire décoller les ventes numériques de Libé et L’Express. Stratégie qui sera présentée aux personnels à la rentrée.

Sans préciser les formules à l’étude, il a expliqué que les deux titres garderaient des accès gratuits, car «ces marques doivent avoir des vitrines, mais pour avoir l’essentiel il faudra s’abonner» et donc passer à la caisse, avec différents paliers qui débloqueront plus ou moins de contenus.

M. Weill, qui avait lancé lors d’un colloque la semaine dernière que «la presse traditionnelle va dans le mur», a assuré au passage qu’il n’avait pas en projet d’arrêter les versions papier de Libé et L’Express.

«Le souci n’est pas d’arrêter le papier, c’est de développer le digital», a-t-il affirmé.

En effet, les ventes papier (par abonnements et en kiosque) «représentent toujours l’essentiel des recettes, mais c’est une activité en décroissance», et «l’enjeu c’est de recruter plus d’abonnés en digital qu’on en a en papier actuellement», explique M. Weill.

L’Express s’est vendu à 292.000 exemplaires par semaine en moyenne l’an dernier, tandis que Libération, qui a retrouvé des couleurs ces derniers mois grâce aux élections (un «sursaut providentiel» selon M. Weill), est remonté à 82.000 exemplaires en avril contre 73.000 l’an dernier.

M. Weill a précisé que les magazines dont le groupe engage la cession, qui n’emploient au total qu’une trentaine de journalistes et réalisent un chiffre d’affaires total de l’ordre d’une vingtaine de millions d’euros, seraient vendus à des prix «pas très importants, mais satisfaisants pour nous», et non pour un euro symbolique. Et il précise que «les différents repreneurs se sont tous engagés à ne pas toucher aux effectifs sur une période de douze mois».

Pour sa part, le directeur de Valeurs Actuelles Yves de Kerdrel a indiqué à l’AFP que les rédactions de Mieux Vivre Votre Argent et La Lettre de la Bourse ne seraient pas fusionnées avec celles de son magazine. Il espère dégager des synergies entre les trois titres, qui s’appuient sur des lectorats assez proches (plutôt âgés, provinciaux et aisés, et toujours attachés au papier).

Discussion

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *