Maha Issaoui, une voix engagée pour l’égalité et les sciences à Clermont-Ferrand
La docteure en sciences et ingénierie de la santé vient de lancer l’association AILES, dédiée à l’égalité, à l’inclusion et à l’accompagnement des jeunes vers les sciences et l’engagement citoyen.
Son dévouement
À 38 ans, Maha Issaoui porte un parcours qui mêle recherche scientifique, engagement citoyen et défense de l’égalité femmes-hommes. Née dans une région montagneuse du centre de la Tunisie, elle grandit dans une famille modeste où sa mère, privée d’études, lui transmet très tôt "cet héritage pour la liberté et l’émancipation des femmes". Arrivée en France il y a près de 15 ans, elle poursuit ses études à l’Université Clermont Auvergne, jusqu’à obtenir un doctorat en imagerie médicale.
Très vite, elle développe aussi un engagement collectif. Représentante des doctorants à l’Institut Pascal, puis ambassadrice UNESCO du programme "For Girls in Science" en 2017, elle sillonne la France pour sensibiliser les jeunes filles aux carrières scientifiques. "Je ne pensais pas que le constat était aussi alarmant", confie-t-elle. Maha Issaoui évoque l’autocensure des adolescentes face aux mathématiques ou à la physique. Au fil des rencontres avec des scientifiques, élues ou cheffes d’entreprise, elle observe "un problème structurel et systémique" autour de la confiance des femmes dans leur place au sein de la société.
Créer des ponts
De cette expérience naît AILES, une association pensée comme un espace de transmission et d’accompagnement. "On peut construire ensemble une société plus juste, inclusive et solidaire", explique-t-elle. L’association proposera des ateliers contre les discriminations, des programmes de mentorat, de l’aide à l’insertion professionnelle ainsi que des événements culturels et citoyens.
Pour Maha Issaoui, l’enjeu dépasse largement le cadre des sciences. "On ne peut pas parler de liberté et d’égalité sans accès équitable à l’éducation, à l’emploi et aux ressources", insiste-t-elle. L’objectif est aussi de connecter différents mondes : chercheurs, élus, étudiants... "Mon objectif : préparer la jeune génération. Ce sont eux qui vont décider dans le futur, c'est eux les vrais décideurs", continue Maha Issaoui.
"Ne pas s'empêcher de rêver"
Jeune mère depuis juillet dernier, Maha Issaoui explique que cette période a renforcé son envie de transmission. "Je veux donner à la jeune génération la chance de rêver", affirme-t-elle. Une conviction nourrie par son propre parcours, marqué selon elle par plusieurs obstacles sociaux et culturels qu’elle refuse de voir comme une fatalité.
Aujourd’hui, elle prépare le lancement officiel de l’association prévu entre fin mai et début juin. Malgré un contexte qu’elle juge marqué par "un recul sur l’égalité", elle assure vouloir "ne rien lâcher". Son message reste le même : "Il ne faut pas attendre que quelqu’un vous donne une place. Vous pouvez créer votre chance."
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