Le portrait : Delphine Doidy-Caldwell, de Jurassic World à Vermeer
Vivant entre l’Angleterre et la France, l’artiste oscille entre grosse production américaine et exposition de photos au Pellerin. Arrivée il y a 3 ans dans la commune, elle enchaîne les projets personnels. Le processus créatif étant essentiel à son équilibre.
Les débuts
Delphine Doidy-Caldwell a toujours baigné dans l’image et la création. Au lycée, elle s’investit dans les clubs de photos, de cinéma et de court métrage. « C’est le visuel qui m'intéressait. Je voulais créer des choses loin de la réalité. C’était un peu idyllique », se remémore l’artiste.
Dès l’âge de 16 ans, elle réalise ses premières expositions dans les cafés nantais avec des amis. À 20 ans, la jeune femme prend le large et s’installe en Angleterre. « J’avais envie de voir ce qui se passait ailleurs. » Là-bas, elle reprend ses études et fait plusieurs formations, dont une licence en cinéma et en photo.
En parallèle, Delphine travaille dans la restauration et utilise ses clients et le personnel comme ses modèles. « Je faisais des photos d’eux pour raconter des histoires, et ensuite, je créais des expositions. »
Au delà des frontières
Après avoir rencontré son mari, écrivain et musicien, elle s’installe avec lui en Espagne, à Barcelone. « Je voulais ouvrir mon studio, mais j’ai eu mes enfants, alors le projet s’est arrêté. Néanmoins, j’ai continué la photo .»
Attirée par le documentaire social, Delphine Doidy-Caldwell photographie les meubles délaissés dans les rues tous les jeudis à l’aube. « C’est à la fois bizarre et fabuleux. Ça représente des vies entières et ils finissent à la poubelle, sans valeur. »
La bougeotte, la famille s’installe ensuite en France dans le Finistère, où Delphine participe chaque année au festival des arts pour lequel elle monte un projet photos. « J’ai par exemple fait des portraits de familles recomposées ou décomposées qui vivaient ici. »
Ils repartent ensuite en Angleterre pendant une dizaine d’années. Là-bas, Delphine devient assistante cheffe décors ensemblière pour le cinéma américain et travaille sur Jurassic World, Doctor Strange, Mort sur le Nil, Luther soleil déchu, The Sandman…
Retour en France
Il y a 3 ans, Delphine et son mari sont finalement revenus en France pour s’installer au Pellerin. Depuis, l’artiste photographe travaille à temps-partiel avec les productions américaines. Son objectif : continuer à s'épanouir dans ses projets personnels.
« C’est super important pour moi. Tous les ans, j’essaye de sortir une exposition pour rester créatif, pour garder ce regard sur l’autre, rester en mouvement. La créativité, c’est la colonne vertébrale du bien-être. »
Début 2026, elle expose “Du Vermeer dans les chaumières”, une série de photos prises dans les cuisines des habitants du Pellerin. « Je me suis inspirée des peintures mortes du XVIIIe siècle qui racontent un retour de chasse, ou un reste de repas de poisson. Je voulais évoquer une façon d’être et de vivre, une allusion aux gestes du quotidien. »
À cette création, elle imagine une suite en emmenant son objectif jusque dans le sud de la France et au-devant d’autres milieux sociaux. En parallèle, elle travaille sur un nouveau projet : photographier des femmes à leur fenêtre.
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