Mercredi 18 mars
Une conférence pour parler des avancées sur le cancer à Nantes
Rédigé par Farah Sadallah
Les traitements et la recherche ont avancé (crédit : Adobe Stock).
Dépistage, thérapies ciblées, immunothérapies, depuis quelques décennies, la recherche en cancérologie a connu des avancées majeures, comme en atteste une conférence organisée aujourd’hui, à l’occasion des 50 ans de l’université permanente de Nantes Université. Son objectif : apporter un regard rétrospectif sur la prévention, le diagnostic et le traitement des cancers.
État des lieux
- Le dépistage organisé des cancers détecté précocement comme celui du sein ou du colorectal fait partie des avancées majeures.
- «Il a été généralisé sur l’ensemble du territoire en 2004, et depuis 2024, le transfert des invitations se fait depuis les Caisses d’assurance maladie », explique Karine Berquet, médecin coordinateur au Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC).
- Cette pratique est surtout destinée aux personnes, qui, en apparence, sont en bonne santé.
Des marges de progression
- Mais il existe encore des freins à son accessibilité. Le taux de participation aux dépistages du cancer du sein, destinés aux femmes ayant entre 50 et 74 ans, atteint les 46,3 % en 2023-2024, à l’échelle nationale, et 52,4 % dans les Pays de la Loire.
- C’est loin des 70 % fixés par le programme national de dépistage.
- L’une des raisons : des délais importants pour une mammographie. « On a un déséquilibre entre l’offre et la demande. On a de plus en plus de femmes dans la cible d’âge (50 à 74 ans), qui sont suivies pour les cancers du sein, mais on a n’a pas une offre de radiologue en centre d’imagerie qui augmente. »
- D’ailleurs, cette borne d'âge pourrait bien changer. Une étude menée par la Haute autorité de santé est en cours pour reculer et avancer la cible d’âge. « Il y a une augmentation des cancers du sein chez les plus jeunes et les plus âgées. »
Et les traitements ?
- Également spécialiste des cancers féminins, Jean-Sébastien Frenel, oncologue à l’Institut de cancérologie de l’ouest (ICO) et professeur de médecine à Nantes Université, parle, lui, du « fardeau du cancer en France », qui représente 450 000 nouveaux cas par an.
- Un chiffre en augmentation depuis les 20 dernières années. Néanmoins, il y a moins de personnes, en proportion, qui en décèdent.
- Ce constat s’explique notamment grâce aux évolutions qu’ont connues les différents traitements : la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.
- « Cette dernière a été la première arme contre le cancer en 1950. Et dans les années 2000, on a eu tout un arsenal de molécules de chimiothérapie qui s’est développé. Ce sont des médicaments qui vont agir sur toutes les cellules, cancéreuses et normales. Et donc, qui ont une efficacité, mais aussi, une toxicité », explique le professeur.
Trois révolutions
- C’est pourquoi à partir de 2003, les recherches scientifiques font évoluer ce traitement, peu sélectif, pour qu’il aille cibler une anomalie spécifique de la cellule cancéreuse, « parce qu'on a compris que pour qu'une cellule devienne cancéreuse, il y avait souvent des anomalies génétiques ».
- Une autre révolution significative : la découverte de l'immunothérapie, entre 2010 et 2015. « Des médicaments ont été mis au point pour aider le système immunitaire à démasquer les cellules cancéreuses et donc à les détruire par lui-même. Ça a eu un énorme succès et c’est utilisé dans 20, 30 cancers différents .»
- Enfin, la dernière révolution est celle des anticorps-drogues conjugués, une nouvelle façon de délivrer de la chimiothérapie, mais en plus petite quantité et directement sur les cellules cancéreuses.
S’y rendre : Amphi Kerneis (Fac de Médecine), 1 rue Bias, à 14h30.
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