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Lundi 30 mars

Tout savoir sur le Nutri-Score à Nantes

Rédigé par Farah Sadallah.
Cet outil permet d'évaluer la qualité nutritionnelle de ce que nous mangeons (crédit : Adobe Stock).

Le professeur émérite de nutrition et médecin nutritionniste, Serge Hercberg anime une conférence au CHU de Nantes ce jour sur l’utilité du Nutri-Score pour la santé publique. Il abordera également la bataille menée contre certains industriels de l’agro-alimentaire qui le rejettent. 

De quoi parle-t-on ? 

  • Ce logo apposé l’avant des emballages informe sur la qualité nutritionnelle des produits sous une forme simplifiée.
  • Adopté en 2017 en France, mais également dans 6 autres pays européens, le Nutri-Score a été conçu en s’appuyant sur les travaux scientifiques de l’équipe du professeur Serge Hercberg : « À l’époque, j’avais soumis 15 propositions à la Ministre de la santé, Marisol Touraine, et elle a retenu ce logo nutritionnel. »
  • Sur la base du volontariat, les producteurs ont donc le choix d’adopter le Nutri-Score. Au départ, très réticents, ils ne sont que 6 à l’apposer sur leurs produits. Aujourd’hui, 15 000 marques l’affichent, « ce qui représente 62 % du marché alimentaire en France », indique Serge Hercberg. Même si Coca Cola, Ferrero, ou encore Lactalis refusent toujours de l’adopter.
  • Pourtant, 90 % des consommateurs plébiscitent le logo nutritionnel. « Les produits classés A et B ont vu leurs achats augmenter, contre celui des produits moins bien notés (D et E), en baisse de 10 %. »

Une évolution qui dérange

  • En 2023, le Nutri-Score est réexaminé en raison de l’évolution de l’offre alimentaire, des études scientifiques et des nouvelles recommandations de santé. « Il nécessitait une mise à jour à l’échelle européenne. »
  • Il est rapidement mis en vigueur en Belgique, en Suisse, en Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas et au Luxembourg.
  • Mais en France, il faudra attendre mars 2025. Les industries de l’agro-alimentaire et le secteur agricole font pression auprès du ministère de l’Agriculture, qui ne signe pas l’arrêté sur le Nutri-Score, gelant ainsi sa mise en place. Bien qu’il soit depuis revenu sur sa position.
  • « Cette régulation actualisée pénalise davantage des produits riches en sucre, en sel, en édulcorant, et ceux ultra-transformés, comme des céréales petit déj, des sodas, des viandes rouges, des pizzas, des yaourts à boire, des biscuits, énumère le professeur émérite. Alors que d’autres scores ont été améliorés, comme celui de l’huile d’olive ou encore des poissons gras. »
  • Cette nouvelle version ne plaît pas à certains grands groupes industriels, qui décident de se retirer de l’outil de santé publique. C’est le cas de Danone et de Bjorg. « Ça entache l’image de santé qu’ils donnent à leurs produits, comme Actimel, qui est en réalité très riche en sucre. »

Et après ?

  • Fin 2025, des députés proposent de rendre le logo obligatoire. Mais la mesure n’est pas adoptée à l’Assemblée nationale, « à 3 voix près », raconte Serge Hercberg. Pourtant, « 71 % des consommateurs demandent qu’il le soit. »
  • Les bienfaits du Nutri-Score ont pourtant déjà été prouvés. Selon le professeur, une grande étude européenne a suivi 500 000 personnes depuis plus de 15 ans et a montré l’impact positif de l’outil en termes de réduction des risques d’obésité, de cancer et de maladies cardio-vasculaires.
  • Une pétition, pour le rendre obligatoire, a depuis été lancée, afin de relancer le débat au Parlement. Elle comptabilise aujourd’hui près de 48 000 signataires.  

S’y rendre : de 18h à 19h30 au CHU de Nantes (Amphithéâtre Paul Lemoine - rez-de-chaussée de la maternité), 38, Boulevard Jean Monnet.

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