François Luc Moraud plaide pour un usage réfléchi de l'IA
François Luc Moraud a fondé en janvier 2024 Acculturia, société de conseil et de formation aux cultures numériques et à l’intelligence artificielle (IA). Il a répondu à nos questions.
Quel regard portez-vous sur l’IA ?
« Je la rattache à la souveraineté cognitive : c’est le fait de garder son esprit critique et de ne pas tout déléguer à la machine. On a un rôle à tenir dans l’éducation aux outils IA. Se servir de ChatGPT pour la correction orthographique, c’est un non-sens écologique et une méconnaissance de l’outil. »
« Les entreprises ont besoin de l’IA pour pouvoir faire sauter des tâches répétitives. Certaines sont vite limitées car elles ne disposent pas de process solides et de data exploitables. On observe aussi le phénomène de Shadow IA : l’usage caché de ces outils. Il est donc nécessaire d’interroger aussi la pratique collective de l’IA en entreprise. »
Quelle est sa place dans l'écosystème bordelais ?
« Cet écosystème est d’abord celui du numérique, assez ancien et structuré sur notre territoire. À partir des années 2000, il y a eu une densification de cette sphère. Bordeaux abrite aujourd’hui deux labos de recherche dont le LaBRI, de renommée internationale. La Chaire IA digne de confiance, créée en 2023, explore et allume ce qu’on appelle la boîte noire de l’IA : quel niveau de confiance peut-on accorder à tel ou tel outil ? »
« Technowest et Unitec accompagnent des sociétés qui se créent autour de l’IA. C’est là aussi un signal fort de la puissance de notre écosystème. »
Comment lier IA et responsabilité numérique ?
« D’abord, il faut apprendre à se servir de ces outils et à les comprendre en participant par exemple à un Café IA. J'ai fait un questionnaire gratuit, pour analyser sa posture face à l’IA. Il faut savoir doser son usage. Ce n'est pas la productivité maximale qui compte, c’est la nature de la société qu'on fabrique pour et par les humains. »
Nos lecteurs ont aussi lu :
Lire la dernière édition de l'Essentiel Bordeaux