Aurélien Braud : « Frauder, c’est voler du service public aux autres »
Le réseau TBM a déployé en novembre une campagne de sensibilisation et de prévention pour lutter contre la fraude. Aurélien Braud, directeur marketing de Keolis Bordeaux Métropole Mobilités, nous présente les enjeux.
Quelle est l'ampleur de la fraude ?
« La fraude est mesurée chaque année par Bordeaux Métropole. Elle se situe autour de 11 % du total des déplacements sur le réseau, qui ne sont pas payés ou mal payés. Ce chiffre est relativement stable sur les dernières années. »
« C'est un taux plutôt bon sachant que 2/3 du trafic est sur le tramway, dans lequel on ne passe pas devant un contrôleur, et où il y a donc plus de fraude que dans le bus. »
« Cela se produit plus souvent le soir et le week-end. Il n’y a pas de typologie de fraudeur, tout le monde peut être amené à frauder. »
En quoi a consisté la campagne ?
« Nous menons des campagnes de communication pour lutter contre la fraude tous les ans. Dans celle-ci, on a parlé du « Pass fraude », à 122 €, avec des jeunes qui sourient. On a misé sur le côté humoristique. Le message passe, les retours sur les réseaux sociaux indiquent que cela a été plutôt bien vu. »
Pourquoi est-ce important de communiquer sur ce sujet ?
« Nous considérons que frauder, c’est voler du service public aux autres. Le coût de la fraude représente environ 6 M€/an de manque à gagner en termes de recettes commerciales sur le réseau TBM. Ces 6 M€ ne sont pas utilisés pour acheter des bus ou recruter des conducteurs. Cela se répercute sur le réseau de transport. »
« Les contrôleurs effectuent environ 5M de contrôles/an sur le réseau, soit 13 000/jour. L'objectif est : moins de fraude et moins d'amendes. Les amendes ne sont pas une punition, elles servent à garantir l’équité entre les voyageurs dans le service public. »
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