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Vendredi 3 avril

C'était le 3 avril 1955 : la mort d'Adrien Marquet

Rédigé par Pierre Zenker
Son image de maire bâtisseur l'a aidé à être réélu au palais Rohan en 1935 (crédit : Wikimedia Commons).

Maire de Bordeaux de 1925 à 1944, Adrien Marquet fut un acteur de la collaboration avec l'Allemagne nazie.

Son ascension

  • Né en 1884 à Bordeaux, cours Victor-Hugo, Adrien Marquet adhère au socialisme et milite dès 1905 au sein de la SFIO.
  • Le nouveau parti est dirigé en Gironde par Calixte Camelle. La mort de celui-ci, en 1923, propulse Marquet au conseil général (aujourd'hui dénommé conseil départemental). L'année suivante, il est élu député, puis maire.
  • L'édile lance un plan pour surmonter la crise des années 1930 ainsi qu'une vingtaine de grands travaux pour moderniser la ville.
  • Parmi les bâtiments emblématiques construits sous son mandat : la bourse du travail, le parc Lescure et la piscine Judaïque.
  • Dans les années 1930, Adrien Marquet s'éloigne petit à petit de la gauche. Lors du congrès de la SFIO de 1933, il utilise la maxime « Ordre, Autorité, Nation ». Exclu du parti, le Bordelais fonde le parti néo-socialiste de France et est nommé ministre dans un gouvernement de centre-droit.

La guerre

  • Après la débâcle de 1940, ce partisan de l'armistice est brièvement ministre de l'Intérieur dans le 1er gouvernement de Vichy.
  • Durant l’Occupation, le maire prône la collaboration et ne dénonce ni les rafles de Juifs (1 690 personnes ont été déportées depuis la capitale girondine) ni les exécutions d’otages.
  • L'édile fait même venir l’exposition « Le Juif et la France » à l’hôtel de ville en 1942.

Et ensuite

  • Après la guerre, poursuivi pour trahison, Adrien Marquet est frappé de 10 ans d'indignité nationale, une des peines les plus légères pour une personnalité de cette stature.
  • Il tente de faire un retour en politique après avoir bénéficié d'une loi d'amnistie, mais meurt en 1955.
  • En tant qu'ancien maire, son buste se trouve dans la salle du Conseil municipal, au palais Rohan.
  • En 2024, une plaque mémorielle a été apposée à cet endroit pour « rapeller à la fois ses réalisations urbanistiques pour Bordeaux et ses agissements au cours de la Seconde guerre mondiale », avait souligné la municipalité.
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