Vendredi 10 avril
Quand une loi permettait le financement du pont de pierre à Bordeaux
Rédigé par Pierre Zenker
Le pont vers 1830 (crédit : Archives de Bordeaux Métropole - Ambroise Louis Garneray).
Le financement du plus vieux pont de Bordeaux s'est appuyé sur une loi prévoyant un péage sur l'ouvrage.
On rembobine
- En octobre 1810 débutent les travaux du pont voulu par Napoléon Bonaparte après son séjour dans la ville, en avril 1808. Le budget est abondé à parts égales par l'État et la Ville.
- Alors que l'Empire, en guerre, commence à vaciller, l'argent manque de plus en plus. Le chantier est arrêté en décembre 1813 lorsqu'une crue extraordinaire de la Garonne endommage certaines fondations.
- Il reprend après la restauration de la monarchie, en 1814, mais l'État n'a pas les moyens d'en supporter seul la charge financière.
Une compagnie privée
- La solution vient de puissants notables bordelais, avec à leur tête le négociant Pierre Balguerie-Stuttenberg. Ils proposent qu'une société anonyme avance 2 millions de francs en échange d'un droit de péage pendant 99 ans.
- La Compagnie du pont de Bordeaux financera la fin des travaux, associée à l'État.
- La loi du 10 avril 1818, autorisée par le roi Louis XVIII, adopte le projet. Les travaux reprennent en novembre 1819 et le pont ouvre à la circulation en mai 1822.
Et ensuite
- L'accès au pont, uniquement en journée et fermé la nuit, est donc soumis au droit de péage.
- Les piétons, charrettes ou voitures à chevaux empruntant l'ouvrage doivent s'acquitter de cette taxe versée à la société et dont les tarifs sont fixés par la loi du 10 avril.
- Sous le Second Empire, le péage, jugé coûteux pour les habitants, est supprimé par décret impérial puis racheté par la Ville. Depuis, l'accès au pont est gratuit.
Abonnez-vous gratuitement
Nos lecteurs ont aussi lu :
Abonnez-vous gratuitement
Une info à nous suggérer ?
Contactez-nous
Lire la dernière édition de l'Essentiel Bordeaux