Acheter local à Clermont-Ferrand : Le point de vue d’Élodie de Mondenard, coordinatrice chez Bio 63
La semaine dernière, nous vous avons demandé si vous achetiez local lorsque vous faites vos courses. Vous êtes 83,6 % à privilégier les circuits de proximité. Nous avons recueilli l’analyse de Élodie de Mondenard, coordinatrice chez Bio 63, une association œuvrant pour le développement de l’agriculture biologique dans le Puy-de-Dôme.
Que pensez-vous de ce résultat ?
« C’est vrai que le chiffre est élevé. On observe une réelle intention de consommer de manière plus locale. Depuis le confinement et la crise du Covid, on a vu le local gagner en importance. Les consommateurs ont pris conscience qu’il existe, autour de nous, des producteurs capables de nous alimenter, et qu’en achetant chez eux, on soutient aussi l’emploi. Il y a eu une vraie prise de conscience autour de la souveraineté alimentaire.
Dans le Puy-de-Dôme, nous avons la chance de bénéficier d’une grande diversité de productions. Cela permet de s’approvisionner localement. Chez Bio 63, nous comptons plus de 600 fermes dans le département. »
Quelle est la différence entre consommer local et consommer bio ?
« Le terme "local" n’a pas de définition réglementaire précise. Selon les produits, on peut l’entendre à différentes échelles : cela peut aller du département, à la région, voire jusqu’au niveau national lorsque certaines productions ne sont pas disponibles localement. Par exemple, pour la viande ou le fromage, on peut s’approvisionner facilement dans le département. Mais pour des fruits comme l’abricot ou la pêche, qui ne sont pas cultivés chez nous, on élargit naturellement la notion de local.
Souvent, on oppose le bio et le local, alors qu’ils ne sont pas incompatibles. Au contraire, nous défendons le "bio" et le "local", car les deux vont de pair.
En matière d’impact environnemental, il faut savoir que 80 % de l’empreinte écologique de notre alimentation est liée au mode de production, contre seulement environ 5 % pour le transport. Cela signifie qu’il vaut mieux privilégier un produit bio, même s'il n'est pas à côté de chez nous, plutôt que de choisir un produit local dont le mode de production a un impact plus important. »
Quels conseils donneriez-vous aux consommateurs qui veulent acheter local ?
« Ce n’est pas toujours simple de trouver les bons réseaux pour acheter local. C’est pourquoi nous avons mis en place une carte qui recense les fermes bio. À cela s’ajoutent les marchés : nous en accompagnons quatre exclusivement bio. On trouve également de nombreux producteurs présents sur les marchés de Clermont-Ferrand.
Une idée reçue à corriger, c’est que le bio est toujours plus cher. Une étude récente a montré que les prix étaient parfois plus élevés dans la grande distribution qu’en vente directe. L’absence d’intermédiaires joue en faveur des consommateurs, qui peuvent trouver des produits de qualité à des prix intéressants. »
Merci à tous ceux qui ont participé à notre sondage. Rendez-vous mercredi prochain pour une nouvelle question.
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