Sarah Momesso, dans les coulisses de l’affiche du Festival international du court-métrage
Chaque année, l’affiche du festival est très attendue. Pour l’édition 2026, elle a été réalisée par l’illustrateur Karolis Strautniekas. La responsable communication revient sur le choix de l’artiste et le processus créatif.
Pourquoi votre choix s’est-il porté sur Karolis Strautniekas ?
« Chaque année, je mène un travail de repérage : je cherche des artistes aux univers très variés.
Cela faisait déjà un certain temps que je suivais le travail de Karolis Strautniekas sur Instagram, et j’étais particulièrement sensible à son univers graphique. Je trouvais qu’il avait déjà une véritable approche de l’affiche, ce qui est essentiel : certains illustrateurs ont un style intéressant, mais lorsqu’ils n’ont jamais travaillé sur ce support, c’est plus délicat. L’affiche est un art à part entière, qui demande un cadrage et une conception spécifiques.
Karolis Strautniekas, lui, avait déjà une expérience solide, avec des commandes pour le New York Times. Ce qui m’a marqué dans son travail, c’est la force des idées qui traversent ses illustrations, alliée à un trait doux et à une maîtrise de la couleur. »
Comment Karolis Strautniekas a-t-il trouvé l’inspiration ?
« Nous tenons à ce que l’illustrateur ait déjà vécu le festival au moins une fois. Nous l’invitons soit comme membre du jury, soit comme invité, afin qu’il passe plusieurs jours à Clermont-Ferrand, s’imprègne de l’ambiance et reparte la tête pleine d’images, de rencontres et d’inspirations.
Karolis Strautniekas est ainsi resté cinq jours au festival. Il a mis du temps à trouver son idée, car il voulait tout représenter. Finalement, il a choisi de se concentrer sur un élément central : la cathédrale. Les voiles sont venues plus tard, en écho aux écrans des salles de cinéma. Comme je lui avais indiqué que la thématique portait sur les vacances, il a imaginé une grande croisière, une traversée vers de nouveaux horizons cinématographiques. »
Comment évaluez-vous l’impact de l’affiche sur le public et sur l’image du festival ?
« L’affiche est toujours un moment très attendu : elle se déploie partout, donc nous n’avons pas droit à l’erreur ! Le public est exigeant, d’autant que les festivaliers sont fidèles. D’une certaine manière, l’affiche leur appartient aussi.
Nous tenons également à ce que l’affiche soit illustrée, ce qui n’est pas le cas de tous les festivals. Nous donnons toujours carte blanche aux artistes invités : il est donc difficile pour le public d’imaginer à quoi ressemblera la suivante. C’est assurément une particularité forte du festival de Clermont-Ferrand.
Cette année, la réception a été très positive, presque unanime. Karolis Strautniekas a tellement apprécié l’expérience qu’il a décidé de revenir en 2026. Nous prévoyons même une séance de dédicaces à la librairie Les Volcans.
Quant à l’année prochaine, le choix est déjà fait : une illustratrice a été retenue pour l’affiche 2027. Elle sera présente lors du prochain festival afin de s’en imprégner avant de créer sa proposition. »
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