Selon Didier Fromont de Vélo-Cité 63 : La voiture domine encore, mais le vélo ne lâche rien
La semaine dernière, nous vous avons demandé si vous privilégiez la voiture ou la mobilité douce pour vos déplacements en ville. Vous êtes 46,7 % à utiliser la voiture contre 23% pour les transports en commun, 18,4 % pour la marche et 11,9% pour le vélo. Nous avons recueilli l’analyse de Didier Fromont, membre de Vélo-Cité 63, une association engagée pour le développement du vélo en ville.
Près d’un habitant sur deux continue à privilégier la voiture, contre seulement 11,9 % pour le vélo. Quelle est votre réaction à ces chiffres ?
« 12 %, c’est plutôt bien. À côté de la piscine Coubertin, il y a un compteur vélo qui a été installé récemment. On en est à peu près à 1 300 vélos par jour. Il y a quelques années, on n’en comptait que quelques centaines au même endroit, donc on voit vraiment une différence.
Ce qui rebute les gens à prendre le vélo, c’est d’abord l’insécurité routière. Les gens ne se sentent pas à l’aise avec les voitures. Pour que quelqu’un envisage un trajet à vélo, il faut le rassurer. Maintenant, avec un réseau sécurisé, ça suffit pour donner confiance. »
Clermont-Ferrand est-elle aujourd’hui une ville “cyclable” selon vous ?
« Clermont-Ferrand est une ville pour et par Michelin, donc la voiture a longtemps eu un poids important. Mais ça change maintenant. Nous sommes au niveau moyen des villes françaises pour la pratique du vélo. On est au plus bas du classement dans les grandes villes, mais nous avons la meilleure évolution de notre catégorie : on est en train de rattraper notre retard (Baromètre Vélo 2025 – FUB).
Il y a une vraie volonté politique. La métropole et la ville se sont bien accordées et ont mis des moyens, et ça se voit, ça se ressent. Il y a de plus en plus d’aménagements cyclables ; tout n’est pas encore hyper connecté, mais ça progresse, notamment avec les travaux InspiRe. »
De nombreux habitants disent attendre la fin des travaux. Pensez-vous que ces aménagements en cours représentent une opportunité ?
« Les travaux poussent les habitants à se poser la question de leurs déplacements, c’est un peu une remise en question forcée. On observe pas mal de report de la voiture, surtout avec l’arrivée des tram‑bus, mais il y a aussi des aménagements pour les vélos. Il faut distinguer les pistes cyclables — voies séparées du bus et des voitures — des bandes cyclables, simplement délimitées par une bande blanche. Avec les travaux InspiRe, on crée essentiellement des pistes cyclables, ce qui est une bonne chose.
Le danger numéro un reste de se faire percuter par une voiture. Si on réduit le trafic automobile et qu’il y a proportionnellement plus de vélos, on atteint une masse critique (seuil à partir duquel un changement social s’auto‑entretient), et c’est essentiel pour la sécurité. Quand un automobiliste voit beaucoup de vélos, il fait naturellement plus attention. »
Merci à tous ceux qui ont participé à notre sondage. Rendez-vous mercredi prochain pour une nouvelle question.
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