Le TER ne convainc pas la majorité des usagers à Clermont-Ferrand
La semaine dernière, nous vous avons interrogés sur la qualité du service TER dans notre région. Vous êtes 68,6 % à vous déclarer insatisfaits, contre 31,4 % satisfaits. Nous avons recueilli l’analyse de Pierre Pommerel, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT) Auvergne-Rhône-Alpes.
Pourquoi le réseau ferroviaire en Auvergne peine-t-il à attirer davantage d’usagers ?
« En Auvergne, nous avons la chance de disposer d’un réseau ferroviaire non saturé, principalement en raison de la faible fréquence des trains. C’est d’ailleurs là son principal défaut : les dessertes trop peu nombreuses ne sont pas suffisamment attractives pour les usagers. La Région prévoit d’augmenter de 30 % l’offre actuelle d’ici 2035, mais en attendant, le nombre de rotations quotidiennes reste limité et le service perfectible.
À Clermont-Ferrand, des efforts sont néanmoins engagés par la métropole pour améliorer les transports collectifs. Si les transports publics deviennent plus efficaces pour se rendre en ville, ils sont prêts à les adopter. Clermont-Ferrand bénéficie en outre d’une étoile ferroviaire (un réseau rayonnant dans plusieurs directions) qui n’est pas saturée, offrant ainsi la possibilité d’ajouter des trains sans nécessiter de lourds travaux d’infrastructure. »
Quels sont aujourd’hui les principaux problèmes rencontrés sur le réseau TER autour de Clermont-Ferrand ?
« Le principal problème, comme nous avons commencé à l’évoquer, reste la faible fréquence des trains. Au sud de Clermont-Ferrand, le service est satisfaisant jusqu’à Vic-le-Comte, mais devient insuffisant en direction de Thiers. Au nord, la desserte est correcte jusqu’à Vichy, mais limitée vers Gannat. Quant à l’ouest, en direction de Durtol et Volvic, l’offre est même quasiment dérisoire.
Concernant la surcharge, elle reste ponctuelle, mais survient lorsque la composition des trains n’est pas conforme, par exemple lorsqu’il manque des rames.
Sur le plan tarifaire, l’abonnement est très avantageux, d’autant qu’il est combiné avec celui des transports urbains. En revanche, pour les usagers occasionnels, les tarifs posent problème : dès qu’on voyage à plusieurs, le coût devient excessif. »
Comment rendre le réseau de transport plus attractif et efficace pour les usagers ?
« La métropole n’a pas de compétence directe en matière ferroviaire, mais cela pourrait évoluer avec la mise en place d’un SERM (Service express régional métropolitain). Ce dispositif représenterait une opportunité majeure pour Clermont-Ferrand. Aujourd’hui, les réseaux de transport de la métropole et ceux de la Région fonctionnent de manière isolée, sans réelle coordination ni échange d’informations. L’enjeu serait donc de créer une véritable interconnexion, avec par exemple une gare routière unique.
Un dossier de candidature doit être transmis à l’État d’ici la fin de l’année. Si la métropole obtient le label SERM, la mise en service est envisagée à l’horizon 2029. Cependant, selon les informations du comité de mobilité, la future gare routière ne pourrait être opérationnelle avant une dizaine d’années.
Ce sera donc une évolution progressive, mais la création d’un SERM permettrait à terme d’améliorer significativement la qualité du service de transport ferroviaire. »
Merci à tous ceux qui ont participé à notre sondage. Rendez-vous mercredi 5 novembre pour une nouvelle question.
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