Pascale Moulier : "L’insolite permet de mieux connaître le Puy-de-Dôme"
Avec son mari Pierre Moulier, elle publie "Le Puy-de-Dôme insolite" aux éditions des Monts d’Auvergne. Spécialistes de l’histoire et du patrimoine régional, les deux auteurs ont sillonné villes et villages du département pour révéler des lieux méconnus, des anecdotes surprenantes et des pans oubliés de la mémoire locale.
Pourquoi avoir choisi de raconter le Puy-de-Dôme à travers l’insolite ?
« L’insolite n’est qu’un prétexte pour amener le lectorat vers des contenus historiques. L’objectif est de dépasser la simple anecdote pour entrer dans l’intimité du territoire.
Nous voulons aussi donner envie aux habitants d’un secteur du département d’aller découvrir l’autre. Mieux connaître le territoire suppose une exploration de fond, car si l’on part uniquement à la recherche de l’insolite, on ne le trouve pas forcément. De notre côté, nous parcourons le terrain depuis des années, en organisant des virées de plusieurs jours pour explorer certains secteurs, notamment ceux où tout le monde ne va pas.
Par exemple, dans l’église de Maringues, je me suis aperçue que l’on marchait sur des dizaines de pierres tombales gravées aux noms des habitants, ce qui est rarissime. Nous étions arrivés dans ce village presque par hasard et nous sommes tombés sur cette découverte. »
Comment se présente concrètement le livre ?
« Le livre rassemble une soixantaine de notices. Ce sont des textes courts, attrayants et accessibles. L’idée n’était pas d’adopter une approche strictement historienne destinée aux seuls spécialistes. Nous voulions que chacun puisse connaître et découvrir le Puy-de-Dôme, donc nous avons cherché à être pédagogiques.
Les notices font entre une et trois pages et peuvent se lire dans n’importe quel ordre. Mon mari étant aussi photographe, nous avons misé sur l’insolite à travers l’image. Il a réalisé énormément de clichés au fil de nos promenades. Le lecteur peut ainsi se laisser porter par les photographies. »
Certaines histoires vous ont-elles particulièrement marquée ?
« À Nohanent, il existait une activité professionnelle entièrement tournée vers le travail des femmes qui transportaient des cargaisons de linge à laver. Elles nettoyaient le linge des stations thermales et des grands hôtels du territoire. Cela permet de redécouvrir une activité économique aujourd’hui un peu oubliée.
À Ambert, nous sommes tombés sur un article des années 1960 évoquant une entreprise qui avait créé la première voiture électrique. Là encore, c’est un épisode méconnu qui permet de valoriser l’économie locale.
Une notice m’a particulièrement émue : une femme, qui avait perdu sa fille unique dans les années 1880, a décidé de faire édifier une église en sa mémoire. Les vitraux représentent des saints dont les visages sont en réalité ceux de sa fille, mais aussi de son gendre et de son mari, qu’elle avait également perdus. Lorsque j’ai reconstitué toute cette histoire, je l’ai trouvée profondément émouvante. »
Infos : Pascale et Pierre Moulier, "Le Puy-de-Dôme insolite", Éditions des Monts d’Auvergne, 240 p., 25 €.
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