François Berrué, président de l'association Sténopé : "Notre mission, c’est de redonner du sens à l’acte de voir"
L’association clermontoise Sténopé continue de faire rayonner la photographie contemporaine à travers deux événements majeurs. Rencontre avec son président.
Qu’est-ce qui anime l’association Sténopé depuis sa création ?
« Depuis vingt-cinq ans, notre but est de rendre la photographie vivante et accessible. L’association a été fondée par des passionnés d’images — pas seulement des photographes — qui souhaitaient interroger le regard du spectateur et donner du sens à l’acte de voir. Pour cela, nous organisons des expositions, des conférences, des lectures de portfolios… Nous travaillons aussi en partenariat avec d’autres structures culturelles. Notre fil conducteur, c’est la curiosité et le dialogue autour de la création contemporaine. »
Quels sont les grands rendez-vous que vous proposez ?
« Nous avons deux événements majeurs : Sténopédie, actuellement en cours, et la Biennale internationale Nicéphore+. La première est un appel à candidatures ouvert à tous les photographes de France, sans thématique imposée. La Biennale, elle, a une portée internationale : notre directrice artistique, Anne-Éléonore Gagnon, définit un thème et sélectionne des artistes du monde entier. En 2024, nous avons accueilli des créateurs venus d’Afrique, du Japon ou des États-Unis autour du thème du "corps fragmenté". En 2026, année du bicentenaire de la photographie, nous mettrons à l’honneur des procédés rares et des artistes méconnus, dans un esprit de redécouverte. »
Quel rôle joue Sténopé dans le paysage photographique français ?
« Nous faisons partie du réseau LUX, qui regroupe 31 festivals et foires photo en France. Ce collectif permet de mutualiser les moyens, défendre les droits d’auteur — tous nos photographes sont rémunérés — et promouvoir la photographie comme un art vivant. Nous avons aussi à cœur d’accompagner la jeune création : chaque année, les élèves du lycée Lafayette participent à nos expositions. Enfin, nous suivons de près les mutations de la photographie, qu’il s’agisse de l’image numérique ou plus particulièrement de l’intelligence artificielle. L’idée, c’est d’être en phase avec le monde et d’offrir au public un regard toujours renouvelé. Notre association va bientôt se réunir pour préparer la biennale internationale 2026, nous intégrerons peut-être des œuvres autour de l'intelligence artificielle. »
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