Amandine Baudet, dans les coulisses de l’argentique clermontois
La photographe présente sa nouvelle exposition dans un lieu un peu à l’écart du centre-ville, mais que les amateurs de photo feraient bien de ne pas manquer.
Un regard singulier, forgé dans les labos
Depuis deux ans, on la croise souvent à l’Imaginarium, le laboratoire photo installé rue Terrasse. Mais Amandine Baudet est loin d’en être à ses débuts. Après une prépa Beaux-Arts en 2012, elle découvre la photographie, notamment argentique : c'est le déclic. "Ce que j’aimais, c’était la chimie, le labo, le fait d’avoir un résultat rapidement" raconte-t-elle. Après huit ans comme photographe indépendante – notamment pour les familles, mariages et naissances – elle décide de revenir à un travail plus technique, plus artisanal : développement de pellicules, tirage, conseils. Une trajectoire peu commune dans une profession souvent dominée par le tout numérique.
Derrière "UK GRIM", un exutoire
C’est justement cette facette personnelle, plus libre, qu’Amandine dévoile jusqu’à la fin de l’année à la Maison Internationale Universitaire, 9 rue Kessler, à travers son exposition "UK GRIM". Un projet né dans l’ombre, loin des séances posées : "Je suis allée en Angleterre à chaque fois que j’avais besoin de souffler. Je photographiais de manière libre, juste pour moi." Résultat : des clichés urbains, désertés, parfois troublants. "J’avais plus de cent photos au départ, j’ai dû réduire à seize. J’ai enlevé ce qui ne parlait qu’à moi, pour ne garder que ce qui pouvait toucher les autres". L’atmosphère, toute en gris et contraste, évoque l’album éponyme du groupe britannique Sleaford Mods.
Amandine a pris en charge toute l’exposition, de la sélection des photos au montage final : "J’ai scanné les pellicules, imprimé, découpé, installé, etc. Confier l’installation à quelqu’un d’autre ne m’aurait pas apporté la même satisfaction. Là, j’ai la fierté de l’avoir réalisé. Ce n’est peut-être pas parfait, mais c’est moi qui l’ai fait", confie-t-elle.
Une nouvelle page à écrire
L’exposition tombe à point nommé : elle marque la dernière étape avant la fermeture définitive de son entreprise le 31 décembre 2025, après plusieurs années de commandes privées. Pas de plan tracé pour la suite, mais des envies : retourner vers la photographie de concert, un amour de jeunesse. Et pourquoi pas, recycler l’exposition actuelle chez le disquaire Vachement Bien, en collaboration avec son fiancé Nicolas Petitjean, lui aussi photographe. "Je ne sais pas encore ce que je vais faire, mais cette exposition, c’est mon tremplin", conclut-elle, avec un mélange d’envie et de lucidité.
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