Entretien avec Léa Lemoine et Aude Lévis et leurs regards sur une exposition unique
Léa Lemoine, cheffe de projet à la Route des Villes d’Eaux du Massif central et Aude Lévis, photographe, nous dévoilent cette exposition : une aventure artistique et humaine menée au fil de l’eau et des territoires thermaux.
Parlez-nous de cette exposition ?
Léa Lemoine : « Pour bien comprendre, l’exposition photographique Culture Bains #2 propose une restitution des œuvres produites dans le cadre de résidences artistiques mêlant street-art, arts numériques, art contemporain, design et architecture. Pendant deux ans, artistes, étudiants et architectes ont investi les 17 stations thermales du Réseau de la Route des Villes d’Eaux du Massif Central, avec pour objectif de créer, expérimenter et dialoguer avec les habitants, autour du patrimoine thermal de ces territoires.
Cette exposition est portée par Marielsa Niels, photographe auteure, et Aude Lévis, directrice artistique et plasticienne. Elles ont sillonné les villes pour documenter et sublimer ces créations éphémères, désormais présentées sous forme de photographies exposées dans l’espace public des 17 villes participantes.
L’événement est organisé en partenariat avec la Route des Villes d’Eaux du Massif Central, une association qui œuvre à valoriser les stations thermales de la région. »
Quelle a été votre démarche artistique ?
Aude Lévis : « Au-delà de la photographie, nous avons intégré l’eau thermale directement dans notre processus de création. Nous avons réalisé des portraits des artistes en résidence, puis intervenu manuellement sur les tirages : certains ont été trempés dans l’eau thermale et travaillés avec des encres.
Cette approche nous a permis de créer un fil conducteur entre toutes les œuvres. Chaque artiste travaillait avec des supports et des univers très différents. En utilisant l’eau thermale comme matière artistique, nous avons tissé un lien entre ces pratiques variées, les lieux de résidence et l’eau.
Nous sommes intervenues lors des résidences, ce qui nous a permis de rencontrer les artistes et de découvrir leur environnement de travail. Les portraits étaient des moments d’intimité, car beaucoup de ces artistes n’ont pas l’habitude de poser. Pour chaque portrait, nous avons cherché à transmettre une idée qui évoquait pour nous la personne.
Par exemple, pour le duo Scenocosme, dont l’univers est très lié aux arbres, nous avons travaillé les images en écho à cette thématique. Et même si nous avions initialement choisi de faire tous les portraits en noir et blanc, nous avons adapté notre approche en fonction des artistes : pour Aurélien Jeanney, dont l’univers est très coloré, nous avons réalisé un portrait en couleur, afin de refléter sa sensibilité visuelle. »
Quel regard portez-vous sur cette aventure artistique et humaine ?
Léa Lemoine : « C’est un projet d’envergure, assez énergivore, mais profondément riche humainement et artistiquement. Nous avons fait de belles rencontres, et accueilli des formes d’expression très variées, modernes et innovantes, qui apportent un véritable souffle nouveau à notre territoire. C’est aussi une manière de sensibiliser les jeunes à leur environnement, à leur ville, et de transmettre des messages autour de la beauté de l’architecture thermale et de la valeur de l’eau.
Nous sommes particulièrement fiers d’avoir accueilli de nombreuses femmes. Nous avons insufflé la thématique de l’eau thermale, mais laissé carte blanche aux artistes, leur offrant ainsi une liberté de création. Pour beaucoup, en particulier les étudiants et jeunes artistes, ce fut une opportunité précieuse. »
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