L'entretien : Guillaume Lombart lutte contre la prolifération de moustiques depuis l'Isère
L'Isérois, cofondateur de "Ma boîte à moustique", conçoit des pièges contre les nuisibles. Il a répondu à nos questions.
En quoi consiste votre dispositif ?
« C'est un piège, donc une boîte qui vient s'installer en extérieur et qui vient attirer, puis aspirer le moustique. Pour cela, on émet un petit flux de CO2, imitant la respiration humaine, ainsi qu'une odeur imitant celle de la peau. Le moustique sent ces effluves à 40-50 mètres de distance et est ensuite aspiré dans le piège. Nos dispositifs sont testés par des organismes indépendants, mais également par notre équipe d'entomologistes qui peut tester en interne nos produits en laboratoire, mais également lors d'essais terrains, par le biais de "lâchés contrôlés". Les résultats sont très bons. »
D'où viennent vos clients ?
« Nos clients sont présents partout en France et suivent malheureusement la progression de l’invasion du moustique tigre. Typiquement, depuis un à deux ans, notre clientèle s’est étendue à de nouvelles zones : Paris, Strasbourg, ou encore la Vendée, alors que ces régions n’étaient pas concernées il y a encore 3 ou 4 ans. À cette époque, la demande se concentrait principalement dans le Sud, jusqu’à Lyon et Dijon. Cette évolution de notre marché nous pousse à nous développer, ce qui était d’ailleurs l’un des objectifs de notre récente levée de fonds. » (NDLR : Ma boîte à moustique a annoncé il y a quelques semaines avoir levé plus d'un million d'euros).
Pourquoi avoir basé votre usine de production à Tullins ?
« Historiquement, j'ai un ancrage fort à Grenoble, c’est là d’où je viens. Avec Romain Tiberghien, mon associé, on a décidé de localiser toute la partie Recherche & Développement, ainsi que la production en Isère. À nos débuts, on a tout de suite trouvé des partenaires industriels autour de Tullins, notamment SORI, qui fabrique toute la partie tôlerie de nos produits, ou ARC Industrie (Voiron). Nous travaillons aussi avec l'atelier d'insertion Passiflore (Tullins). C'est important pour nous de nous appuyer sur des acteurs locaux : la notion de circuit court a du sens pour nous. »
Quels conseils donneriez-vous aux Grenoblois pour lutter contre la prolifération des moustiques ?
« On est convaincus, avec nos entomologistes, que la lutte intégrée, c’est-à-dire la capacité à travailler sur toutes les phases du moustique, est essentielle. Il faut travailler collectivement sur les points d'eau. C'est vraiment l'une des premières choses à faire. D'ailleurs, à chaque installation de piège chez nos clients, on vient d'abord vérifier la gestion de l'eau stagnante. En ce moment, il fait chaud, donc l'eau s’est relativement asséchée, mais systématiquement, chez vous, chez vos voisins, allez inspecter toutes les zones où peuvent se développer les larves. Il faut, avant même de penser à vous équiper, faire tout un travail d’investigation pour comprendre d’où viennent les moustiques au départ. Nos équipes accompagnent nos clients pour le faire, mais on peut le faire aussi chez soi, simplement. Ce sont des choses qu’on entend peut-être souvent, qui sont rabâchées, mais on a vraiment des exemples concrets de cela. Et après, on peut aller plus loin avec, pourquoi pas, la pose de pièges si nécessaire, pour venir encore renforcer l’action. »
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