Les livrets d'épargne ont toujours la cote à Grenoble
La semaine dernière, nous vous avons demandé comment vous épargnez votre argent. Vous êtes 76 % à posséder un livret d'épargne classique (livret A, LEP, LDDS…). D'autre part, 48 % d'entre vous ont déclaré investir dans des produits d'assurance-vie. Le PEL est aussi plébiscité par 24 % des votants. Nous avons demandé à Ludovic Biet, gérant associé en Gestion de Patrimoine chez Alpes Capital (Meylan), de nous apporter son expertise pour mieux comprendre ces résultats.
Pourquoi les livrets d’épargne traditionnels dominent-ils encore ?
Ludovic Biet : « Je dirais que la première raison est la facilité d’utilisation des livrets. Ils sont généralement ouverts très tôt : les banques équipent rapidement les jeunes avec un livret jeune, puis d’autres livrets ensuite. Ces produits sont recommandés par les conseillers, donc par habitude, les clients les connaissent bien. De plus, on peut récupérer son argent immédiatement. Il y a donc une habitude, une sécurité, et une grande facilité d’accès. Les gens n’ont pas forcément beaucoup de temps, et par simplicité, ils versent donc sur leurs livrets. »
Près d’un votant sur deux déclare utiliser des produits d’investissement long terme comme l’assurance-vie. Quels conseils donner à ceux qui souhaitent diversifier leur épargne ?
« Je conseille d’abord de se faire accompagner par un professionnel. Ensuite, il est utile d’avoir quelques lectures spécialisées — articles, magazines — pour acquérir une base de culture financière. L’approche est un peu plus complexe : il faut comprendre un certain vocabulaire, même sans devenir spécialiste. Il faut une bonne documentation au départ, un accompagnement, puis un suivi régulier. Autant pour un livret, on connaît son rendement une fois par an, autant les placements long terme demandent un suivi au moins trimestriel. »
Observez-vous les mêmes tendances dans votre cabinet ?
« Oui, exactement. Nous avons une clientèle plutôt patrimoniale qui, une fois ses livrets remplis, préfère éviter de laisser le compte courant augmenter inutilement. Elle se tourne alors vers des solutions plus long terme. Et en plus de l’épargne et de la recherche de rendement, il y a une dimension importante de transmission : comment transmettre au mieux son capital à ses héritiers. »
Comment accompagnez-vous concrètement ceux qui veulent diversifier leur épargne ?
« Nous commençons par une analyse globale du patrimoine : immobilier, financier, et aussi familial. Est-ce une famille ? Une personne seule ? Y a-t-il un enfant handicapé ? On étudie toute la situation. Une fois cet audit réalisé, nous identifions les objectifs du client à moyen et long terme. Ensuite, nous le sensibilisons aux différentes solutions possibles et, selon sa réceptivité, nous l’accompagnons dans une stratégie de diversification. C’est un travail qui s'effectue sur le long terme : certains clients sont suivis depuis plus de dix ans. »
Merci aux personnes qui ont participé. Rendez-vous mercredi prochain pour une nouvelle question.
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