Chauffage au bois, une interdiction pour mieux protéger la santé des Grenoblois
Alors que l’utilisation des cheminées à foyer ouvert était déjà interdite depuis octobre 2024, ce sont désormais également les appareils de chauffage au bois non performants à foyer fermé datant d’avant 2002 qui sont interdits d’utilisation par arrêté préfectoral. Cécile Cenatiempo, Conseillère métropolitaine déléguée à la qualité de l'air, nous explique pourquoi cette décision a été prise.
Qu’appelle-t-on un chauffage au bois « non performant » ? Qui est concerné par l’interdiction ?
« On parle d’appareils anciens qui chauffent mal et polluent beaucoup. On préfère utiliser le terme "non performant" plutôt que "polluant", parce que le problème est double : ces équipements produisent peu de chaleur utile et émettent beaucoup de particules fines. C’est un peu le même principe qu’un foyer ouvert : c’est agréable visuellement, mais très inefficace et très polluant. Sont concernés les foyers ouverts et les appareils fermés installés avant 2002. Concrètement, un foyer ouvert peut perdre 60 à 70 % de la chaleur dans la fumée, donc on consomme plus de bois pour un résultat moindre, avec davantage de pollution. »
Pourquoi avoir décidé d’aller jusqu’à l'interdiction ?
« Ces chauffages au bois non performants représentent environ 70 à 75 % des émissions de particules fines liées au chauffage au bois sur la métropole grenobloise. L’enjeu est donc clairement sanitaire. Cette décision s’inscrit dans le Plan de Protection de l’Atmosphère, construit avec l’État, les collectivités, des associations et des citoyens. Depuis 2015, on proposait déjà des aides pour changer d’appareil, mais sans interdiction. À un moment donné, on s’est dit qu’il fallait aller plus loin pour accélérer le renouvellement des équipements et faire prendre conscience des risques pour la santé. Une interdiction officielle, surtout lorsqu’elle s’appuie sur un arrêté préfectoral, rend le message beaucoup plus clair pour la population qu’une simple recommandation. »
Comment cette mesure va-t-elle être appliquée et comment les habitants peuvent-ils être aidés ?
« Il n’y aura pas de contrôles systématiques chez les particuliers. On mise surtout sur l’information, la responsabilisation et l’accompagnement. Les ramoneurs, par exemple, sont sensibilisés pour relayer les messages de prévention lors de l’entretien des installations. Des réflexions sont aussi en cours pour intégrer un diagnostic du foyer au moment de la vente d’un bien immobilier, un peu comme pour l’électricité ou l’amiante, afin que les futurs acheteurs sachent si l’installation est conforme ou non. En parallèle, la métropole propose une aide financière pouvant aller jusqu’à 2 000 euros pour remplacer un appareil ancien par un modèle plus performant et moins polluant (Prime Air Bois). De plus en plus de chauffagistes connaissent ce dispositif et peuvent orienter les particuliers. Un système d’avance de frais a également été mis en place : l’aide peut être directement déduite de la facture par le professionnel, ce qui évite d’avoir à avancer la totalité de la somme. L’objectif n’est pas de sanctionner, mais d’accompagner un changement bénéfique à la fois pour la qualité de l’air et pour la santé de tous. »
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