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Lundi 22 septembre

À Grenoble, une rétrospective consacrée à Alina Szapocznikow

Rédigé par Clara Giudicianni
Née en 1926 en Pologne, elle a survécu aux camps nazis (Crédit : ADAGP, Paris, 2025. Courtesy The Estate of Alina Szapocznikow | Piotr Stanislawski | Galerie Loevenbruck, Paris | Hauser & Wirth).

Le Musée de Grenoble accueille une exposition majeure consacrée à l’artiste polonaise, sculptrice visionnaire encore méconnue du public français.

De quoi parle-t-on ?

  • L’exposition « Langage du corps » est le premier événement d'envergure dédié à l’artiste en France, où elle a pourtant vécu et travaillé durant les dernières années de sa vie.
  • Mise en œuvre en partenariat avec le Kunstmuseum de Ravensburg, cette rétrospective propose un parcours exceptionnel de près de 200 œuvres : sculptures, dessins, photographies et documents rares.
  • Elle se déploie en 15 salles et couvre toute la carrière de l’artiste, de ses débuts en Europe de l’Est à ses années les plus radicales, sous le ciel parisien des années 1960.

Pour bien comprendre

  • Le fil rouge de l’exposition est le corps. Fragmenté, érotisé, souffrant, il devient un langage en soi dans l’univers d'Alina Szapocznikow.
  • Le parcours est divisé en deux temps : les œuvres de jeunesse issues du réalisme socialiste et des influences tchécoslovaques, puis les pièces réalisées en France, plus expérimentales et chargées de ses propres angoisses existentielles.
  • Parmi les œuvres phares, on retrouve ses célèbres Lampes-bouches, Tumeurs, ou encore des moulages de son propre corps, mêlant résine, mousse, photographies et objets du quotidien.
  • Exposée au MoMA de New York en 2012, l'artiste est aujourd’hui comparée à Louise Bourgeois ou Eva Hesse, mais reste relativement méconnue du grand public français.
  • Le directeur du musée, Sébastien Gokalp, souligne : « Son origine étrangère, le fait d’être une femme, l’étrangeté et la radicalité de son œuvre l’ont longtemps tenue dans l’ombre en France. »

Bio express

  • Née en 1926 à Kalisz (Pologne) dans une famille juive, Alina Szapocznikow est déportée adolescente, et survit aux camps nazis.
  • Après la guerre, elle étudie la sculpture à Prague, puis à Paris, où elle s’installe définitivement en 1962 avec son mari, le graphiste Roman Cieslewicz.
  • Elle meurt prématurément en 1973 à Passy, des suites d’un cancer. Son œuvre, hybride et viscérale, devient alors le témoignage d’une urgence créative née du corps comme mémoire et blessure.
  • Jusqu’à cette rétrospective, Alina Szapocznikow n’avait bénéficié que de deux expositions monographiques en France. Celle de Grenoble est donc un tournant majeur dans la redécouverte de cette artiste essentielle.
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