Mercredi 24 septembre
Une artiste grenobloise investit la crypte Saint-Laurent
Rédigé par Clara Giudicianni
La plasticienne, d'origine corse, vit et travaille à Grenoble depuis plus de 30 ans (Crédit : Grenoble Patrimoine).
Dès aujourd'hui, le musée archéologique inaugure une exposition inédite signée Patricia Pinzuti-Gintz.
De quoi s'agit-il ?
- L'exposition "Des Abysses…" se tient jusqu'au 13 octobre au 4 place Saint-Laurent, dans un lieu chargé d'histoire pour une installation tout en mystère.
- Pensée comme une immersion sensible, elle mêle sculptures textiles, suspensions en tulle, figures spectrales et installations mêlant visible et invisible. L'artiste Patricia Pinzuti-Gintz y explore le thème de la mémoire, intime et collective.
- C’est Laetitia Vendittelli, chargée de l’action culturelle du musée, qui a initié cette collaboration après un premier projet avorté lors de la Biennale Saint-Laurent.
- L’entrée de l’exposition est gratuite, accessible avec le billet d’entrée du musée. L’ensemble se découvre en autonomie, dans le silence minéral de la crypte.
Bio express
- Née à Madagascar, d’origine corse, Patricia Pinzuti-Gintz vit et travaille à Grenoble depuis plus de trente ans. Formée à la couture près d’une petite-main de la maison Balmain, elle poursuit ensuite un parcours au Conservatoire de théâtre de Grenoble.
- Plasticienne inclassable, son œuvre mêle dessin, performance, costume et installation : autant de moyens d'expression pour raconter ce qui échappe au regard (le souvenir, l’absence, le rêve…)
- Le tulle, sa matière fétiche, agit comme un filtre introspectif. Elle crée des œuvres qui ne s’imposent pas, mais s’offrent à l’attention du spectateur. L'artiste compare d'ailleurs ses œuvres à une "continuité au fil du temps".
- Entre le drapé d’un vêtement, l’ombre d’un trait, et le jeu entre voilement et dévoilement, chaque création devient récit et invitation à l’imaginaire.
Le lieu
- Niché sur la rive droite de l’Isère, le musée archéologique Saint-Laurent est l’un des plus anciens sites patrimoniaux de Grenoble, aménagé au sein d'une église désacralisée et fouillée de 1978 à 1995.
- Sa crypte du VIe siècle est l’une des rares structures du haut Moyen Âge conservées en Europe. Le lieu abrite près de 1 500 sépultures et plus de 3 000 objets, révélant près de 16 siècles d’évolution funéraire et spirituelle.
- Le lieu impressionne par sa scénographie contemporaine, entre sols de verre, projections et éclairages, qui offrent une lecture sensible et immersive du passé.
- Placée sous les voûtes de ce labyrinthe ancestral, l’œuvre de Patricia Pinzuti-Gintz y trouve un écho : celui d’une mémoire tissée d’absence, suspendue entre les temps.
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