Mardi 16 décembre
Grenoble : Une découverte étonnante à l'Esplanade
Rédigé par Clara Giudicianni
Cet espace est situé entre l'Isère et le Drac (Crédit : Nordine Saadi, Inrap).
Alors que le site est en chantier depuis plusieurs mois, une information inattendue vient d'être rendue publique : les résultats d’une fouille archéologique menée à l’automne 2024.
Ce qui a été découvert
- Les fouilles ont mis au jour une structure maçonnée rectangulaire qui correspond à un ancien gibet, identifié comme celui du Port de la Roche, utilisé entre 1544 et 1547.
- Environ trente-deux corps ont été retrouvés inhumés sans cercueil, dans des fosses communes, souvent superposés, sans orientation ni soin particulier.
- Les victimes étaient majoritairement des hommes, parfois décapités, probablement pendus ailleurs puis exposés à l’extérieur de la ville. L’un d’eux, Michel Prevost, a été formellement identifié grâce aux archives.
La méthode
- Les fouilles, réalisées par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) sur prescription de la Drac Auvergne-Rhône-Alpes, ont concerné une surface de 1 200 m² en vue du futur réaménagement du site de l'Esplanade.
- Les chercheurs ont d’abord identifié une structure à huit piliers, typique des gibets judiciaires du royaume, avant de croiser les indices avec un plan de charpente et des comptes de construction conservés aux Archives départementales de l’Isère.
- Cette superposition des données a permis de confirmer la vocation du lieu et d’écarter d’autres hypothèses comme celles d'une chapelle ou d'un hôpital.
Un peu d'histoire
- Le gibet se situait à la sortie nord de Grenoble, sur la route, à portée de vue : une pratique courante à l’époque pour affirmer l’autorité du pouvoir royal.
- L’édifice a servi durant les guerres de Religion pour exhiber les cadavres de protestants, dans un contexte de répression sévère de la Réforme.
- "Les condamnés étaient exécutés en place publique (place aux Herbes à Grenoble) et leurs corps exhibés plus ou moins longtemps sur le gibet à l’extérieur de la ville", explique l'Inrap.
- Ce lieu d’exposition publique et d’inhumation infamant est tombé dans l’oubli probablement dès le début du XVIIᵉ siècle, avec la pacification du royaume.
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