Le portrait : Sandra Lavorel, une scientifique grenobloise au cœur des écosystèmes 🏔️
Retour sur le parcours de la chercheuse, médaille d'or du CNRS pour ses travaux, et figure internationale de l’écologie fonctionnelle.
La genèse
Née à Lyon en 1965, Sandra Lavorel passe son enfance entre les montagnes de Savoie et de Haute-Savoie, un terrain de jeu naturel qui façonne très tôt sa curiosité scientifique. Poussée par son père, lui-même chercheur, elle s’exerce à observer la biodiversité alpine. Elle poursuit des études à AgroParisTech, complétées par un doctorat en écologie à l’Université de Montpellier, soutenu en 1991. C’est lors d’un postdoctorat à Canberra (Australie) qu’elle découvre le concept fondamental des « traits fonctionnels » de plantes (caractéristiques individuelles des végétaux représentatives de leur fonctionnement). Cette approche deviendra, tout au long de sa carrière, sa spécialité.
La suite
En 1994, elle entre au CNRS puis rejoint en 2003 le Laboratoire d’écologie alpine de Grenoble. Elle y développe une approche pionnière : analyser les écosystèmes dans leur ensemble pour comprendre les interactions entre biodiversité et sociétés humaines. Cette méthode innovante lui a valu plus de 15 prix scientifiques, parmi lesquels la médaille d’argent du CNRS en 2013, le Prix Ramon Margalef en 2020, et surtout la prestigieuse médaille d’or du CNRS en 2023. Elle est la première écologue à la recevoir. Elle est également membre de l’Académie des sciences depuis 2013.
Et aujourd'hui ?
Installée à Grenoble, Sandra Lavorel coordonne des projets de recherche sur les impacts du changement climatique sur les prairies alpines, comme ceux menés à la station du Lautaret. Elle travaille, par ailleurs, avec les acteurs locaux de la vallée de la Haute-Romanche pour intégrer l’écologie aux politiques d’aménagement. Mêlant sciences naturelles et humaines, sa mission est claire : modéliser des réponses concrètes pour préserver les services essentiels que la nature rend à nos sociétés.
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