La Grenobloise Tiffaine Zeroual a réalisé un film pour mieux comprendre l'autisme
La réalisatrice, originaire de Grenoble, porte le projet depuis 2019. Après plusieurs financements participatifs et un tournage étalé sur deux ans, elle présente son docu-fiction Atypic'Biopic, mettant en scène cinq jeunes autistes, ce soir au Pathé Échirolles, à 19h30 (8 € - Billetterie).
Comment vous est venue l’idée du film ?
« J’avais besoin de comprendre les fonctionnements humains. Mon père était probablement autiste, et mon petit frère l’est aussi. J’ai toujours été entourée de personnes atypiques. Et à un moment donné, je me suis dit que j’avais besoin de comprendre pourquoi on fonctionne tous de façon différente. J’ai commencé à faire des recherches. Sur Internet, on tombe sur plein de clichés : « les autistes n’ont pas d’émotions », « ils n’ont pas d’empathie », des choses comme ça. Je me suis dit que j’avais envie de donner la parole aux autistes pour mieux comprendre leur fonctionnement à travers leur vécu. »
Avez-vous adapté le tournage pour prendre en compte les besoins spécifiques de vos comédiens autistes ?
« Oui, on a adapté le tournage à chaque personne. Parmi nos rôles principaux, Gwendolyn Dussaud a, par exemple, une hypersensibilité sensorielle, donc on faisait des pauses régulières. Lou Guéant, elle, a besoin de parler tout le temps. Donc il y avait toujours un référent avec elle pour l’écouter et parler avec elle entre les prises. »
Quel message voulez-vous faire passer avec ce film ?
« Chacun a le droit d’être comme il est. On a tous notre place dans le monde. Il n’y a pas de norme à suivre. Être autiste n’est pas une tare. C’est un handicap dans une société qui n’est pas pensée pour. Mais ça ne veut pas dire qu’on n’a rien à apprendre d’eux. Ce que je veux dire, c’est ça : soyez tolérants. »
Ce soir, c’est la projection à Échirolles. Et ensuite ?
« Depuis les premières projections publiques, certaines personnes se sont mobilisées pour qu’on puisse en organiser d’autres. Il y a des chances qu’on puisse présenter à nouveau le film à Marseille, à Paris, et peut-être Toulouse, à la rentrée. On attend les confirmations. En plus de ça, on va mettre la première demi-heure sur YouTube cet été, pour que les gens aient envie de venir voir la suite… Et si jamais d’autres cinémas sont intéressés pour nous accueillir, on est preneurs ! »
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