La montagne, une passion grenobloise ?
La semaine dernière, nous vous avons demandé à quelle fréquence vous faites des sorties en montagne. Vous êtes 41 % à y aller chaque semaine, 33 % au moins une fois par mois, 17 % plusieurs fois par an et 9 % plus rarement ou jamais. Nous avons demandé à Gilles Revellin, président du club des Grimpeurs des Alpes, de commenter ce résultat.
Selon notre sondage, près d’un habitant sur deux de Grenoble se rend en montagne chaque semaine. Est-ce un chiffre qui vous surprend ?
« Oui et non. Dans un club comme le nôtre, où les membres sont très actifs, une fois par semaine, c’est peu ! Nos adhérents ont tendance à sortir plus souvent. Mais c’est vrai que pour la population grenobloise dans son ensemble, c’est un chiffre en hausse. Pendant longtemps, on pensait que la moitié des Grenoblois ne mettait jamais les pieds en montagne. »
Un tiers des sondés déclarent ne se rendre à la montagne qu’une fois par mois, voire moins. Selon vous, qu’est-ce qui explique cela ?
« Je ne pense pas que ce soit seulement une question économique ou logistique. Le premier frein, c’est le manque de connaissance. Beaucoup de gens, même en voyant les montagnes depuis Grenoble, ne savent pas où aller, ni comment s’y prendre. Ils n’ont pas les repères pour oser franchir le pas, même pour une petite balade. Pour inciter davantage de Grenoblois à aller dans la nature, il existe des structures comme la Maison Grenoble Montagne (dans laquelle nous tenons une permanence chaque jeudi de 18h à 19h30), qui oriente les nouveaux arrivants vers des clubs ou des associations. Cela permet une première découverte encadrée. Mais ces démarches reposent sur la curiosité des gens. Pour ceux qui n’ont jamais mis un pied en montagne, il faudrait aller les chercher là où ils sont. »
Et au sein de votre club, quelles actions mettez-vous en place ?
« Nous avons une philosophie d’accueil. Chaque saison, nos encadrants organisent des sorties d’initiation, faciles d’accès : petites randonnées, premières sorties en ski de rando, séances d’escalade découverte… Ces activités sont pensées pour rassurer : il n’y a pas de performance à atteindre, on prend le temps, on attend les plus lents, et on partage simplement le plaisir de la montagne. Nous proposons également une formule découverte : toute personne intéressée peut participer à deux sorties avant d’adhérer. C’est une bonne façon de se rendre compte par soi-même de l’ambiance et de l’esprit du club. »
Avez-vous constaté une évolution des pratiques ces dernières années ?
« Oui, très nette. L’escalade en salle s’est beaucoup développée : c’est une pratique plus urbaine, qui attire les jeunes. Elle sert souvent de porte d’entrée vers l’escalade en extérieur. On observe aussi un fort essor des activités assistées électriquement, comme le VTT électrique, qui rendent la montagne accessible à davantage de personnes. »
Merci aux personnes qui ont participé. Rendez-vous mercredi prochain pour une nouvelle question.
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