À Grenoble, l’envie d’aider grandit
La semaine dernière, nous vous avons demandé si vous étiez engagés bénévolement au niveau local : 85 % d’entre vous ont répondu oui. Pour mieux comprendre la dynamique du bénévolat dans notre agglomération, nous avons interrogé Isabelle Moulin et Luc Verona, présidents de France Bénévolat Grenoble.
Qu’est-ce qui motive le plus les habitants à s’engager bénévolement selon vos observations ?
« Lorsqu’on interroge les personnes qui viennent nous voir pour trouver une mission de bénévolat, les raisons principales qu’elles déclarent à l’origine de leur désir d’engagement sont la volonté de faire quelque chose pour les autres et le souhait de faire partie d’une équipe. On retrouve au niveau local les résultats d’une enquête menée en 2024 par Recherches & Solidarités qui révélait que depuis la crise de la COVID les motivations altruistes des bénévoles l’emportaient sur les raisons plus personnelles (se faire une expérience dans le champ de sa formation, développer ses compétences ou en élargir l’éventail). »
Avez-vous constaté de nouveaux besoins sociaux ou solidaires sur notre territoire qui nécessitent davantage de bénévoles ?
« Non, il n’y a pas à proprement parler de besoins nouveaux. C’est plus grave, nous semble-t-il, il y a un accroissement du nombre des personnes ayant besoin d’un accompagnement social, que ce soit pour se nourrir, se réinsérer dans la société ou suivre un cursus scolaire normal. De plus en plus de personnes se retrouvent en position de précarité parce qu’elles n’ont plus d’emploi, plus de logement ou se retrouvent isolées du fait de leur âge, de leur santé ou de leur situation d’exil, et se tournent vers des associations pour obtenir des denrées de première nécessité. De même, de plus en plus de personnes se retrouvent en situation de « précarité relative ». Il s’agit de personnes ayant une activité professionnelle et/ou un logement mais dont les ressources ne permettent pas de se nourrir, s’habiller ou se chauffer « normalement », et qui doivent avoir recours, en fin de mois, aux associations pour obtenir les denrées, repas ou vêtements qu’elles ne peuvent plus se procurer à partir de leurs propres ressources. »
Comment se déroule l’accompagnement d’un habitant qui souhaite s'engager pour la première fois ?
« Notre association France Bénévolat Grenoble-Isère (FBG-I) opère sur l’ensemble du département. Nous recevons les candidats au bénévolat sur rendez-vous, de façon à avoir du temps à leur consacrer. Nous questionnons les personnes sur leurs goûts, leurs formations, leurs compétences. Pour nous il s’agit de tous les savoirs : ceux acquis durant la scolarité, ceux développés du fait de la pratique assidue d’un loisir, et ceux acquis tout au long de leur vie (éducation des enfants, accompagnement d’un proche, permis de conduire…). À l’issue de la discussion nous orientons les personnes vers des associations que nous connaissons. L’orientation tient autant compte des savoirs « objectifs » nécessaires pour mener à bien la mission, que d’éléments plus subjectifs qui ressortent de la personnalité et des valeurs de la personne et de l’association. Nous pouvons le faire car nous connaissons bien nos associations adhérentes : leurs besoins en bénévoles, leurs valeurs et leur « culture ». Nous disons souvent que FBG-I, c’est des personnes qui rencontrent des personnes et les orientent vers d’autres personnes. C’est ce côté interlocuteur éclairé, « en chair et en os », qui constitue notre ADN et nous distingue des plateformes muettes qui fleurissent tant au niveau local qu’au niveau national, et où on peut « remplir son panier » de missions de bénévolat, à l’instar de ce qui se fait sur le commerce en ligne. »
Merci aux personnes qui ont participé. Rendez-vous dans quelques jours pour une nouvelle question.
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