Pour Arnaud Meunier, « la MC2 vit une saison exceptionnelle » à Grenoble
Cette année, la MC2 enregistre une forte fréquentation et poursuit son travail de création et de diffusion artistique. Entre grandes figures internationales, artistes émergents et tournées dans toute l’Isère, son directeur Arnaud Meunier dresse le bilan d’une dynamique retrouvée et partage avec nous ses coups de cœur pour les semaines à venir.
La première moitié de cette saison 2025/2026 est passée. Quel bilan tirez-vous ?
« Le bilan est extrêmement positif. Nous avons dépassé les 100 000 entrées payantes dès le mois de janvier, alors que l’an dernier nous avions atteint ce chiffre en mai. La MC2 tourne à plein régime : programmation, création, accompagnement des artistes, actions culturelles… On a retrouvé un véritable élan. Cette saison montre pleinement à quoi sert un lieu comme la MC2, qui est une institution un peu hors norme. C’était très attendu, et on est à la fois heureux et fiers de cette dynamique. »
Quels spectacles conseillez-vous à nos lecteurs pour les semaines à venir ?
« Il reste des places pour plusieurs très beaux rendez-vous. Côté théâtre engagé, Rebecca Chaillon présente Où la chèvre est attachée, il faut qu’elle broute, un spectacle coup de poing sur la place des femmes dans le sport, qui aborde aussi les questions de racisme et de genre. En danse, Amala Dianor, artiste associé, propose un « concert augmenté » avec Gesualdo Passione, mêlant hip-hop, danse contemporaine et musique baroque. Je peux aussi citer Makbeth par le Munstrum Théâtre, une version masquée, visuelle et percutante qui séduit beaucoup les jeunes, ou encore Simon Roth avec Erdal est parti, un magnifique spectacle de théâtre documentaire tout juste primé à Paris. »
La MC2, c’est aussi du soutien à la création…
« Oui, et c’est essentiel. Le public voit les 90 spectacles de la saison, mais il y a toute une partie invisible : les artistes que nous accompagnons, qui répètent ici, créent leurs œuvres chez nous et partent ensuite en tournée. Par exemple, Rachid Ouramdane revient avec Contre-nature, un spectacle qui a été répété à la MC2. Soutenir la création et les artistes sur la durée fait vraiment partie de notre mission. »
La MC2 se déplace aussi hors de Grenoble. Pourquoi est-ce important ?
« Nous organisons des tournées dans toute l’Isère, souvent dans des communes qui n’ont pas de théâtre. On joue dans des salles polyvalentes, des gymnases… L’idée est d’aller vers les publics éloignés des lieux culturels. Récemment, nous avons présenté Beau comme un camion, une création grenobloise sur le monde des routiers, et bientôt Mer de Tamara Al Saadi. Les habitants sont souvent surpris par la qualité des spectacles et très fiers d’accueillir des créations. C’est un engagement fort pour nous, même si cela représente un vrai investissement : notre rôle est de rendre la création accessible au plus grand nombre. »
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