Mercredi 7 janvier
Pourquoi les nieulles tombent du ciel à Armentières ?
Rédigé par Olivia Cohen
Le salon de thé Le Polisson gourmand en fabrique pour la fête des nieulles (crédit : LPG).
Il fait un temps à rester chez soi pour boire du thé et croquer des nieulles. Mais connaissez-vous l'histoire de ce petit sablé typique d'Armentières, que l'on jette du balcon de la mairie lors de la fête des nieulles ?
La légende
- Elle est racontée dans le Guide noir de Flandres et Artois mystérieux, sorte de guide du routard du bizarre, publié dans les années 1970.
- Nous reproduisons leurs propos : "Le duc Jacques III de Luxembourg, qui dut avoir une résidence à Armentières, offrit en mai 1510 un banquet dans le grand salon de l'hôtel de ville. Prenant le frais sur le balcon après le dessert, le duc et ses amis aperçurent sur la place de nombreux gamins, le nez en l'air. Le duc prit une poignée de nieulles, petits gâteaux ronds de la dimension du gros sou de bronze, et les jeta à tout ce petit monde qui se bouscula pour les ramasser."
- Et c'est ainsi qu'est née, à Armentières, la tradition de faire tomber les nieulles du ciel : "Le magistrat, pour commémorer ce banquet, créa la fête des nieulles (le mot 'nieulle' viendrait de l'espagnol 'niola', miette)."
Zoom sur...
- Selon la mairie d'Armentières, "la nieulle est à l'origine une sorte d''oublie', un biscuit rond, mince et léger cuit entre 2 plaques de fer, s'apparentant à une hostie. Les oublies font leur apparition au Moyen Âge et sont fabriquées par les 'oublayeurs'", ancêtres des pâtissiers.
- "Contrairement à l'hostie utilisée lors des messes, l'oublie est servie lors des repas, vendue par les oublayeurs à la sortie des églises ou jetée lors des fêtes."
- "C'est un biscuit très apprécié", affirme la municipalité. À tel point qu'en 1938, quand les autorités tentent de relancer cette fête tombée dans l'oubli en remplaçant les nieulles par des nic-nac (petit biscuit sec surmonté de sucre), ça ne prend pas du tout !
- Les boulangers de la ville se réunissent alors pour créer une nieulle nouvelle version : c'est cette recette-là qui est utilisée de nos jours.
Aujourd'hui
- La fête, prévue le 2e week-end de septembre, avait lieu à l'origine lors de la foire de mai. Quand l'Union des commerçants la relance en 1938, la foire de mai n'existant plus, ils optent donc pour le mois de septembre.
- À nouveau abandonnée lors de la Seconde Guerre mondiale, la fête est véritablement relancée en 1954, avec notamment l'élection d'une reine des nieulles.
- À chaque édition, des artisans locaux fabriquent le petit gâteau si cher au cœur des Armentiérois et Armentiéroises : c'est le cas de l'adorable salon de thé Le Polisson gourmand (photo). Il faudra patienter jusqu'en septembre prochain pour y goûter à nouveau.
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