Jeudi 4 juin
Lyon : d'où vient le nom de Gerland ?
Rédigé par Léo Mourgeon
Le suffixe « land » aurait des racines germaniques. « Ger » évoquerait quant à lui l'eau (crédit : Adobe Stock).
Entre son stade historique, ses laboratoires et ses immeubles récents, Gerland est aujourd’hui l’un des quartiers les plus connus de Lyon.
Les pistes
- Contrairement à Bellecour ou aux Brotteaux, dont l’origine est bien documentée, celle de Gerland reste incertaine. Les historiens s’accordent sur un point : le nom est ancien et date d’avant la fondation du château de Gerland au XVIᵉ siècle. En revanche, sa signification exacte fait encore débat.
- L’hypothèse la plus souvent avancée associe le suffixe « land » à un terme germanique signifiant « terre » ou « territoire », comme dans « England » ou « Deutschland ». Quant à la première partie du mot, « Ger », son origine reste plus mystérieuse. Certains historiens y voient une référence à l’eau ou à un ancien cours d’eau.
- Selon cette interprétation, le nom de Gerland pourrait évoquer une « terre des eaux » ou une « terre humide ». Cette théorie n’a rien d’absurde. Pendant des siècles, le sud de Lyon n’avait rien du quartier urbain que l’on connaît aujourd’hui.
On rembobine
- Le secteur était constitué de prairies inondables, de marécages et de petits ruisseaux. Ces cours d’eau, surnommés les « mouches », traversaient la plaine avant de rejoindre le Rhône. Le terme a d'ailleurs donné son nom au quartier de La Mouche, situé au sud de Gerland, d'où sont originaires les célèbres bateaux-mouches. Une invention lyonnaise souvent attribuée à tort à Paris.
- À chaque crue, l’eau remodelait le paysage. Les terrains étaient souvent boueux et difficiles à exploiter. L’endiguement du Rhône puis l’industrialisation ont progressivement fait disparaître ces éléments naturels.
- Au fil du temps, Gerland est devenu un quartier ouvrier, puis industriel, avant d’accueillir le stade, la Halle Tony-Garnier, le Biodistrict et de nouveaux logements.
- De son passé marécageux, il ne reste presque rien. Mais son nom pourrait bien être l’un des derniers témoins de cette époque où le sud de Lyon ressemblait davantage à une vaste zone humide qu’à un quartier de près de 40 000 habitants.
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