Pr Olivier Glehen : « Avec le Lyon Consensus, les chirurgiens du monde disposent d’un langage commun face aux cancers du péritoine »
Chef du service spécialisé dans les cancers du péritoine à l’hôpital Lyon Sud, le Pr Olivier Glehen a piloté l’élaboration du « Lyon Consensus », un texte adopté par les plus grands experts de la planète. Il revient sur le rôle pionnier de Lyon dans cette spécialité.
Comment est né ce consensus ?
« À l’hôpital Lyon Sud, nous travaillons sur ces cancers depuis près de 40 ans. Dès 1989, le Pr François Gilly a développé ici des techniques innovantes associant chirurgie et chimiothérapie directement dans l’abdomen. À l’époque, ces patients étaient souvent considérés comme incurables. »
« Au fil des années, les HCL sont devenues l’un des centres de référence mondiaux pour ces maladies, à la fois par son activité et par sa recherche. Lorsque nous avons voulu réunir les principales sociétés savantes internationales pour établir des règles communes, nous avons naturellement pris la tête du projet. »
« Trois années de travail ont ensuite été nécessaires pour aboutir à ce consensus réunissant 148 experts du monde entier faisant partie des plus grandes instances. »
Qu’est-ce qui posait problème ?
« Les cancers du péritoine sont parmi les plus complexes à opérer. Les tumeurs peuvent être disséminées dans tout l’abdomen, parfois sous la forme de dizaines, voire de centaines de lésions. Ils concernent aussi beaucoup de spécialités différentes, de la gynécologie à la chirurgie digestive. »
« Jusqu’à présent, deux équipes confrontées à un même patient ou à des cas extrêmement similaires pouvaient réaliser des interventions complètement différentes. Chacun faisait, à juste titre, avec ses connaissances. »
« Il n’existait pas de référence internationale définissant précisément quels gestes réaliser et dans quelles situations. Cela compliquait la comparaison des résultats, ralentissait la recherche et diminuait les chance de rémission. »
« Avec le Lyon Consensus, les chirurgiens disposent désormais d’un langage commun et de recommandations partagées. C’est ainsi que fonctionne la recherche médicale appliquée. »
Dans 10 ans, qu’espérez-vous avoir changé pour les patients ?
« J’espère que cette standardisation permettra d’accélérer les progrès. Quand tous les centres parlent le même langage et évaluent leurs résultats de la même manière, il devient plus facile de comparer les études, de mesurer ce qui fonctionne le mieux et d’améliorer les traitements. »
« Ces cancers restent des maladies graves, mais notre ambition est d’offrir aux patients du monde entier les meilleures chances possibles, quel que soit l’hôpital dans lequel ils sont pris en charge. »
« Si, dans 10 ans, ce consensus a contribué à faire progresser la survie et la qualité des soins, alors nous aurons atteint notre objectif. »
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