L'entretien : Renaud Tarazzi, « Nous avons besoin d'être rassurés »
Le Club Immobilier Marseille Provence organise aujourd'hui sa Journée de l'immobilier aux Docks des Suds. Ce rendez-vous annuel réunit tous les professionnels (immobilier, bâtiment, construction), des experts, des décideurs publics et privés, ainsi que des élus. Responsable de la commission qui l'organise, l'architecte-associé de MAP Renaud Tarrazi évoque pour l'Essentiel Marseille les nouveaux enjeux et les nouveaux défis du secteur.
Comment se porte l'immobilier à Marseille ?
« Il n'est pas en forme, comme en France en général. Nous avons une crise du logement durable tant sur l'offre que sur la demande. Pour les bureaux, la demande se tarit et il ne se fera plus de grands centres commerciaux. Les 3 piliers de l'immobilier sont donc touchés depuis quelques années. Nous sommes davantage désormais sur la transformation, la réhabilitation pour donner de nouveaux usages aux bâtiments existants. Le secteur reste dans l'attente de mesures gouvernementales pour relancer le logement. Depuis 2000, Marseille était sur une économie de rattrapage. Une opération comme Euroméditerranée a porté de très grandes ambitions en termes d'environnement, ce qui est très bien !, mais elle ne trouve pas son marché. La destination n'est pas attractive, les prix ne sont pas au rendez-vous. Nous n'arrivons pas ici à construire pour de l'accession à la propriété. »
Pourquoi organiser cette journée ?
« Le Club Immobilier a 30 ans, c'est l'âge d'Euroméditerranée. Notre vocation au début était de s'organiser entre professionnels de l'immobilier et du bâtiment, se mettre en réseau pour mieux travailler ensemble, jouer collectif. Mais aussi promouvoir notre territoire à commencer par Euroméditerranée, La Capelette, le Panier, le centre-ville et maintenant La Ciotat, Aix, Toulon... Nous sommes désormais un organe métropolitain pas marseillo-marseillais. Cette journée va permettre de regarder avec une longue vue, à quelques années, ce que vont être les nouveaux outils, les nouvelles pratiques face aux futurs changements. 5 tables rondes animées par des membres de notre club vont proposer des réponses aux problématiques de cette crise structurelle et aux injonctions réglementaires à contre-sens de l'histoire. »
Quels thèmes allez-vous aborder ?
« Dans nos métiers, nous avons besoin d'être rassurés sur un certain nombre de points : la gouvernance, le PLH (Programme local de l'habitat), car les maires refusent des opérations immobilières à des fins électorales. Le préfet va enfin imposer la sortie de programmes. Nous avons besoin de logements neufs. Tout dépend des politiques malheureusement, et les écologistes arrivent à freiner des opérations sur des sujets de compensations écologiques qui sont hors de proportion. Évidemment que les défis écologiques et climatiques sont à prendre en compte, mais il faut parfois atteindre un équilibre et ne pas sombrer dans l'idéologie de décroissance outrancière. »
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