Mercredi 1 avril
Le Port de Marseille a 60 ans
Rédigé par Frédéric Dubessy
1,45 million de conteneurs ont transité par les bassins ouest en 2025 (Crédit : Port de Marseille Fos).
Voici 6 décennies, l'État le dotait d'une structure juridique pour faciliter son développement.
La base
- Sans remonter à sa création dès l'arrivée des Phocéens voici 2 600 ans dans la calanque du Lacydon (aujourd'hui le Vieux-Port), le port de Marseille a connu un tournant du XVIIe au XIXe siècle grâce au commerce avec les pays méditerranéens et les colonies.
- À l'ouverture du canal de Suez (1869), il déménage à quelques encablures dans le quartier de la Joliette pour favoriser son essor.
Pourquoi en parle-t-on ?
- Le Port autonome de Marseille (PAM) a vu le jour officiellement le 1er avril 1966 (loi de juin et décret de novembre 1965).
- Voici exactement 60 ans, il devenait donc un établissement public de l'État français avec, comme son nom l'indiquait, une grande autonomie (gestion des infrastructures et des outils de travail comme les grues et les portiques). Son directeur général était désigné en conseil des ministres.
- L'explosion du trafic pétrolier et la saturation des bassins urbains se traduisent en 1968 par une extension vers l'ouest avec la création de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer.
- La réforme portuaire le transforme le 9 octobre 2008 en Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), dirigé par un directoire (président nommé par le gouvernement) et par un conseil de surveillance (président élu).
- Ce nouveau statut a transfèré l'activité commerciale de manutention (outillages et personnels) à des opérateurs privés.
- Le GPMM se concentre depuis sur l'aménagement de son territoire, la gestion des accès maritimes et ferroviaires, ainsi que la location de ses terrains aux industriels et logisticiens.
- Son projet stratégique 2025-2029 engage aujourd'hui le 1er port de France dans un pari sur l'industrie verte et prévoit entre 1 et 1,3 milliard d'euros d'investissements.
- Depuis 2017, les navires peuvent se connecter à une alimentation terrestre lors de leur escale et donc couper leurs moteurs.
- D'ici 2029, le GPMM disposera de 30 postes à quai (puissance totale de 150 MW) pour assurer le branchement de 90 % des bateaux en transit, ce qui devrait réduire les émissions de fumées de 80 %.
Quelques chiffres
- En 2025, le GPMM a traité 74 millions de tonnes de trafic total, soit une progression de 5 % par rapport à l'année précédente.
- Son trafic de conteneurs s'est établi à 1,45 million d'EVP (équivalent vingt pieds).
- Il a reçu 4,1 millions de passagers (croisières et lignes régulières vers la Corse et le Maghreb réunies).
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