Jeudi 18 juin
Lisa Caliste : « Le Moyen Âge était plus connecté qu'on ne le pense »
Rédigé par David Pagès
Estampe d’un moulin à foulon pour les draps de Lodève, devenu l’usine dite du Bouldou (crédit : dessin de Genillon, gravure d’Aveline en 1775 / Archives départementales de l’Hérault).
Docteure en histoire médiévale et chercheure au sein du service Connaissance et Inventaire des Patrimoines de la Région Occitanie, Lisa Caliste présente ce soir à 18h30, à Pierresvives, dans le cadre des Jeudis de l'histoire, ses recherches sur L’industrie en Lodévois au XVe siècle. Rencontre.
Que souhaitez-vous faire découvrir au public ?
- « De cette époque, on imagine souvent un espace rural isolé, mais le Lodévois du XVe siècle est au contraire un territoire très organisé, avec un réseau dense de bourgs et d’activités. On y trouve une véritable production destinée aux échanges, pas seulement locaux mais aussi internationaux. »
- « La draperie, notamment, est une grande industrie médiévale, mais ce n’est pas la seule : il y a aussi l’extraction de meules à aiguiser et le travail des peaux d’agneaux. »
- « Ces productions circulent jusqu’aux rives de la Méditerranée, notamment par le port de Marseille, mais aussi vers le Nord de la France. »
Que révèlent les archives notariales sur la vie quotidienne de cette époque ?
- « Elles sont précieuses car elles permettent de voir des acteurs que l’on pourrait considérer comme modestes. On découvre des travailleurs du cuir, de la laine, des artisans qui viennent chez le notaire pour sécuriser des ventes, des paiements ou des échanges. »
- « Cela montre que ces hommes et ces femmes participent pleinement à une économie structurée. »
- « Il faut toutefois rester prudent : les archives notariales ne donnent qu'une vision partielle de la société, car faire appel à un notaire avait un coût et une grande partie de la population n'y apparaît pas. »
Quel regard portez-vous sur Montpellier et son histoire économique ?
- « Les traces matérielles sont parfois discrètes, mais elles existent. On retrouve des vestiges d’anciennes activités, comme des moulins ou des tanneries. »
- « À Montpellier, l’histoire économique est aussi liée aux savoirs : l’université de médecine, le Jardin des plantes ou certaines activités comme le parfum témoignent d’une ville tournée depuis longtemps vers l’innovation. »
- « Les hôtels particuliers racontent aussi cette richesse ancienne, issue en partie de ces activités économiques et industrielles. »
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