L'entretien : John De Vos, « nommer c'est déjà soigner »
Directeur du Jardin des plantes et responsable de l’Unité de thérapie cellulaire (UTC) au CHU, le professeur montpelliérain conjugue soin du végétal et médecine régénératrice. Rencontre avec un passionné de botanique en plein travail d'étiquetage des plantes cette année.
Comment parvenez-vous à concilier vos 2 activités ?
« Au CHU, au cœur de la médecine régénératrice, nous développons des approches innovantes autour des cellules souches. »
« Au Jardin des plantes, je change d’échelle mais pas de regard. Il s’agit aussi de soigner, mais cette fois, ce sont les plantes et leur environnement. »
« En revanche, il faut apprendre les langages des 2 spécialités et faire dialoguer les équipes. Mon rôle est de créer des passerelles entre ces univers, pour que la science et la nature s’enrichissent mutuellement. »
Pourquoi accorder autant d’importance à l’étiquetage des plantes ?
« Nommer, c’est déjà éclairer. Dans ce lieu chargé d’histoire, chaque espèce mérite une identification précise. La vocation première est de mettre un nom sur les plantes, car la plupart sont sauvages. »
« Concernant l’étiquetage, les plantes ont été identifiées par le passé, mais une partie d’entre elles a été remplacée. Le marquage devient alors un fil conducteur. Cette démarche s’inscrit dans le temps, avec l’idée d’enrichir progressivement la lecture du site. »
« Pour mieux les mettre en valeur, nous lançons une action de signalétique qui commencera par nommer l’ensemble des plantes : il y en a plus de 6 000, appartenant à plus de 3 000 espèces différentes. C’est donc un gros travail d’étiquetage que nous avons démarré en début d'année. »
D’où vous vient cette sensibilité pour la botanique ?
« Tout commence dans les années 1970, au cœur de mon enfance, dans les Cévennes. Dans la bibliothèque familiale, il y avait des livres sur la botanique. Je les ai longuement feuilletés, et après j’allais faire des observations patientes avec émerveillement. »
« Lors de mon internat dans le Clapas, j'ai découvert les orchidées sauvages. J’ai commencé par rejoindre des clubs d’orchidophiles et je me suis ouvert à d’autres espèces par la suite. »
« Cette passion ne m’a jamais quitté, elle nourrit aujourd’hui mon engagement pour la transmission et la préservation de la biodiversité, que ce soit à l’hôpital ou au Jardin des plantes. »
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