Le portrait : Patrick Chevrier, de la poissonnerie à l'art
L’artiste a trouvé sa voie dans la sculpture et la peinture de fresque. Il expose à la Boucherie des arts, à Rezé, jusqu'au 13 décembre, sur le thème du poisson.
Un parcours atypique
« Mon père m’a dit : soit tu travailles, soit tu quittes la maison », raconte Patrick Chevrier dans son petit appartement qui lui sert aussi d’atelier. À l’âge de 16 ans, à Paris, il est renvoyé de l’école et n’a pas le choix de travailler en poissonnerie. « Je ne supportais pas l’odeur. Quand j’étais petit, j’ai avalé une arête qui s’est bloquée. Ça m’a traumatisé. »
À 17 ans, son oncle lui propose de l'embaucher dans son entreprise de publicité. Le jeune homme y voit une opportunité. « J’ai voulu prendre des cours à l’école de dessin. J’ai toujours aimé dessiner depuis gamin. » Mais à l’époque, le service militaire est obligatoire et Patrick Chevrier doit partir. À son retour, il fait plusieurs métiers, sans vraiment trouver sa voie.
Il a finalement le déclic chez des amis. « Ils avaient de la pâte à modeler et j’ai commencé à réaliser un personnage rigolo qui ressemblait à Napoléon. Après, j’ai acheté de la pâte qui sèche à l’air et j’ai créé des figures bizarres inspirées de bande-dessinée. »
Les premières expositions
Après avoir déménagé dans l’agglomération nantaise et acheté une maison à retaper, Patrick Chevrier fait sa première exposition dans les années 90 au Piano'cktail à Bouguenais. « J’ai exposé mes petits personnages en terre cuite et c’est là que j’ai commencé à faire des poissons avec du plâtre et de la ferraille. J’aime la matière et inventer des choses. Je me laisse guider par mon imaginaire. »
Patrick va plus loin et entame un CAP de tailleur de pierre. Pendant cette formation, il rencontre un autre artiste avec qui il crée l’association, Artik.
Le poisson comme inspiration
Il est amené à effectuer la décoration du nouveau bar-restaurant d’un ami, le Melting Potes. « J’ai peint une vague de poissons et il m’en a commandé 100. Ils étaient à vendre à l’occasion de Culture Bar-Bars. » D’autres établissements veulent ensuite ses créations de vertébrés aquatiques. « Je les fabrique avec du polystyrène extrudé que je ponce, je les peins ensuite à l’acrylique pour leur donner une âme. »
Enfantin et sortant tout droit d’un dessin animé, ils ont déjà été exposés à la poissonnerie de Guérande, à l’aquarium de Vannes, dans des boutiques de créateurs, ou encore sur un char, à l’occasion du carnaval de Nantes.
La dynamique s'essoufflant, Patrick devenu Pat’Artefakt, son nom d’artiste, décide alors de se mettre à la peinture au pochoir et à la bombe pour des restaurants, des particuliers, des associations, des magasins…« pour continuer à apprendre et exister. »
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